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Octobre rose

Soumis par andredubus le

Question à la ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Je vous interroge une nouvelle fois afin de faire un état des lieux de la prévention du cancer du sein. Le mois d’octobre, nommé « Octobre rose », est le mois de la mobilisation contre le cancer du sein. À cette occasion, une campagne de sensibilisation au dépistage et des manifestations ont été organisées à travers le pays.

Nous sommes le pays européen comptant le plus grand nombre de cancers du sein avec 10.000 nouveaux cas par an. Un des problèmes  principaux est le  taux  extrêmement  bas  de  couverture du dépistage. Ce constat a d’ailleurs fait l’objet de discussions régulières dans cette commission. Le colloque sur le cancer du sein, que nous avons organisé en octobre 2012, en a largement témoigné.

Fin janvier 2013, la Fédération Wallonie-Bruxelles lançait dans une partie du Hainaut, en collaboration avec plusieurs organismes concernés par la prévention du cancer, un nouveau projet pilote nommé « ambassadeur-prévention ». Cet ambassadeur, indépendant et formé,  devait  réaliser cette année trois courts entretiens avec 250 médecins généralistes pour renforcer le dépistage. Comment s’est déroulée la dernière campagne de prévention du cancer du sein ? De nouvelles démarches ont-elles été déployées cette année pour renforcer le taux de couverture ?

L’évaluation du projet pilote de l’ambassadeur-prévention n’est  prévue  que  pour le début de 2014 mais un comité d’accompagnement, organisé dès la mi-mars, devait donner un premier aperçu de la satisfaction des médecins et de l’utilité du projet. Le comité d’accompagnement est-il constitué ? Dans l’affirmative, vous a-t- il transmis ses observations ? Les médecins ont-ils identifié des freins à la participation aux campagnes de dépistage ?

Au  vu  du  nombre  de  questions  en  suspens et des divergences  d’opinions, notamment sur le type  de  dépistage  et  la  tranche  d’âge  visée,  de nouvelles  études  ont-elles  apporté  des  éléments objectifs pour orienter les  actions ?  Je  pense par exemple aux travaux du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) et du Registre du cancer.

Octobre rose est une initiative très pertinente pour focaliser l’attention sur la question du cancer du sein. Toutefois, la prévention doit être un combat quotidien pour éviter que sept femmes y laissent chaque jour la vie.

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – La  dernière  campagne  de  promotion du dépistage du cancer du sein a été diffusée dans les espaces audiovisuels gratuits. Elle a fait l’objet d’une diffusion pendant trois années consécutives, de 2010 à 2013. La campagne visait à réduire la mortalité et la morbidité, à augmenter la couverture par le mammotest ; à rappeler l’importance du dépistage du cancer du sein et sa répétition tous les 2 ans; à dédramatiser le dépistage et à donner une visibilité et une identité au programme de dépistage du cancer du sein de la Fédération Wallonie- Bruxelles. À ce jour, il n’est pas prévu de lancer une nouvelle campagne d’intérêt général.

Deux réunions du comité d’accompagnement du projet « ambassadeur prévention » ont été organisés par mon administration. La troisième est fixée au 18 novembre 2013. Le projet prévoyait trois rencontres auprès d’un échantillon de médecins généralistes. La première rencontre était dédiée au dépistage du cancer de l’intestin, la seconde visait à sensibiliser les médecins à la vaccination HPV, la troisième abordait le dépistage du cancer du sein avec un rappel des deux problèmes soulevés précédemment.

Les visites pour le dépistage du cancer du sein se sont achevées la semaine dernière. Vous comprendrez aisément que les  éléments  d’évaluation sur l’impact de ces visites ne sont pas encore disponibles. Toutefois, je peux déjà  vous  informer que les médecins ont accueilli l’initiative favorablement.

Le Centre communautaire de référence a publié un article consacré au type de dépistage et à la tranche d’âge concerné, dans le numéro d’octobre 2013 de la Revue de la Médecine générale. Cet article, intitulé « Dépister le cancer du sein : chez quelles femmes et comment ? », s’appuie sur les recommandations d’organismes européens. Il fait le point sur le rapport entre bénéfice et risque du dépistage pour les âges concernés ainsi que sur les types de risques et les examens utilisés. Une synthèse claire propose une « attitude en fonction des niveaux de risque ». Un résumé pratique de l’article a été publié par la rédaction de la Revue. Il permet d’en dégager les points forts, apportant une information utile aux médecins généralistes, premiers interlocuteurs des femmes concernées.
Le centre fédéral d’expertise a effectivement rédigé un rapport concernant le choix informé sur le dépistage du cancer du sein et l’élaboration de messages apportant une aide à la décision. Ce rap- port propose des informations qui seront insérées dans des supports publiés et utilisés par les différents acteurs impliqués dans le dépistage du cancer du sein en Belgique. Ces éléments seront disponibles au début de l’année 2014.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Si je vous ai bien comprise, madame la ministre, le premier comité d’accompagnement portait sur la première rencontre, les deux autres sur les deuxième et troisième visites. Les deux premières rencontres ne concernaient pas directement le dépistage du cancer du sein. J’en déduis que les deux premières visites ont bien fait l’objet d’une réunion du comité d’accompagnement qui a donné  un  retour  positif. Le troisième est celui qui nous intéresse le plus puisqu’il porte sur le cancer du sein. Je vous interrogerai à nouveau au début de l’année prochaine.