Discussion avec Madame Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances
Madame la Ministre, vous connaissez notre attachement à la jeunesse et plus particulièrement au secteur de la jeunesse. J’ai pris connaissance de votre note d’orientation « Jeunesse » pour cette législature, dont je salue l’ambition. Au-delà des axes abordés lors d’une réunion de cette même commission le 12 mai dernier sur la politique locale de jeunesse, j’aimerais vous interroger sur un axe bien plus transversal dépassant le niveau communal qui, s’il est essentiel, ne représente pas toute l’action des acteurs de la jeunesse. J’aimerais souligner les fils rouges qui ont guidé votre réflexion : amener de la transversalité dans les compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles et sensibiliser tous les niveaux de pouvoir à l’idée que la jeunesse doit être au cœur de toutes les politiques.
À cet égard, mon sentiment est que la place de la participation locale est très bien valorisée dans votre note. Néanmoins, je me permets de vous interroger sur plusieurs points. Comment comptez-vous également valoriser l’échelon communautaire ? Des organes tels que le Conseil de la Jeunesse existent et nous devons soutenir leur action. D’autres associations de jeunesse se développent également à un échelon communautaire, régional, voire fédéral. Si les politiques locales de jeunesse sont capitales, elles ne sont pas tout. Vous souhaitez organiser un forum jeunesse. Comment allez-vous vous y prendre ? Comment comptez-vous associer le Conseil de la Jeunesse ? Ce projet est-il déjà sur les rails ? Ma dernière question porte sur ce qui existe. Comment comptez-vous valoriser l’existant au sein du secteur ? Des projets, des associations développent déjà certains des axes que vous évoquez, à savoir contribuer à l’émancipation des jeunes et à leur autonomie, valoriser la démocratie. Il y a bien le quatrième axe, qui prévoit de mettre en valeur les acteurs et les actions, mais vous ne faites pas état de l’existant. Je souhaite en savoir plus sur cette valorisation. C’est un ancien membre du Conseil de la Jeunesse qui vous parle.
Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances. – Les politiques locales de jeunesse ont une place de choix dans ma note d’orientation. J’estime important de travailler localement sur les aspects locaux de la politique de jeunesse mais aussi à tous les niveaux de pouvoir. Je suis en effet convaincue qu’un jeune ne saisira l’enjeu de participer à l’échelon communautaire, au sein du Conseil de la Jeunesse par exemple, qu’en ayant déjà expérimenté et vécu un parcours participatif à d’autres niveaux, plus particulièrement au niveau local. C’est la raison pour laquelle il me semble indispensable de développer des espaces de participation à l’intention des pouvoirs locaux, non comme une fin en soi, mais plutôt comme une première étape à un parcours possible du jeune. Quant à votre question sur la participation au niveau communautaire, comme vous le savez, cette mission est confiée au Conseil de la Jeunesse qui est soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Pour valoriser cet échelon communautaire, il s’agit de reconnaître davantage ce conseil dans sa mission de représentation des jeunes. En effet, trop peu d’avis lui sont demandés quand il s’agit de proposer de nouvelles réglementations ayant un impact sur les jeunes. J’aimerais également travailler – cela fait aussi écho à la question de Mme Simonet – au renforcement de cet axe de travail, via la Conférence interministérielle Jeunesse, par exemple. Quant au Forum jeunesse, le Conseil de la Jeunesse copilote ce projet qui est en cours de construction. Ce projet rayonne autour d’une charte de la citoyenneté à recréer par les jeunes. Le Conseil de la Jeunesse, par le biais de ses forums et d’un nouvel outil interactif en construction, mettra les jeunes en débat sur leur vécu de la citoyenneté.
Ce sera également l’occasion de valoriser l’expertise et les actions des opérateurs de jeunesse sur ce thème à travers une « outilthèque » et un agenda des animations et des formations, notamment. II serait illusoire, et surtout contreproductif, de ne pas prendre en compte tout ce que font déjà les associations de jeunesse, notamment dans leur travail quotidien avec les jeunes, parce que, grâce à ce travail, elles ont développé et détiennent une expertise certaine dans les différents domaines tels que l’émancipation ou la participation citoyenne. Dès lors, cette valorisation passe également par l’évaluation et la modification, le cas échéant, des décrets sectoriels qui devraient permettre une amélioration des dispositifs légaux au bénéfice des associations et des jeunes. Vous savez que c’est un axe important de la déclaration de politique communautaire.
M. André du Bus. – J’entends bien que tout un processus d’implication, avec des projets très concrets ainsi qu’un travail d’évaluation, est en cours. Nous sommes pour l’instant au milieu du gué ; nous ne pouvons de ce fait juger du caractère efficace et intéressant des ambitions qui sont annoncées. Nous nous tiendrons au courant du déroulement du processus. Nous reviendrons le cas échéant pour soutenir, renforcer et développer un axe qui nous paraît très important.