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Place des médicaments génériques dans la prescription et Soins de santé dans les prisons

Soumis par andredubus le

Deux questions d'actualité en plénière cet après-midi dès 15h

Pour voir le direct: Sénat plénière

1. La place des médicaments génériques dans la prescription

2. Les soins de santé dans les prisons

Image retirée.Question d’actualité à Madame Laurette Onkelinx, Vice-Première Ministre et Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, relative à la place des génériques dans la prescription

Madame la Ministre,

Nous savons que le générique n’est pas la copie conforme de la spécialité de référence : une variation de la concentration plasmatique est admise, la présentation - des comprimés pouvant être remplacés par des gélules - ou encore la nature de l’excipient peuvent présenter des différences.

Dans un rapport français récent, intitulé « la place des génériques dans la prescription », l’Académie Nationale de Médecine exprime, malgré les garanties apportées par les Autorités de santé, quelques réticences à l’égard des génériques, notamment :

1) le changement d’excipient peut occasionner des réactions allergiques plus ou moins sévères, notamment avec les formes orales des antibiotiques à usage pédiatrique. D’autre part, les malades âgés en traitement chronique peuvent être désorientés par les changements d’aspect et de dosage de leurs médicaments habituels.

2) l’Académie attire également l’attention sur la difficulté de substitution des médicaments à marge thérapeutique étroite par des génériques. Il en est ainsi pour les antiépileptiques, les anti-coagulants, les hypoglycémiants, la thyroxine ou certains médicaments à visée cardiologique. En pratique clinique, il a été observé pour les antibiotiques, avec certains génériques, une moindre efficacité et un délai d’action plus long.

Par ce constat, elle souligne que la bioéquivalence entre produit référent et générique ne signifie pas qu’il y a automatiquement une équivalence thérapeutique, en particulier lors de la substitution d’un générique par un autre.

3) Les règles de bonnes pratiques dans la fabrication des médicaments génériques sont très coûteuses et certains fabricants n’hésitent pas à les contourner.

D’une fabrication quasi locale des ingrédients entrant dans la composition des médicaments (principes actifs, excipients) ainsi que des médicaments eux-mêmes, avec un petit nombre d’acteurs bien identifiés et connus des autorités de santé, nous sommes passés à une dispersion planétaire et à une dissémination des chaînes de production et de distribution.

La production délocalisée avec une multiplication de sous traitants rend les contrôles, sur place, très difficiles. Les vérifications pharmaceutiques sur le produit fini sont, alors, d’autant plus importantes que le marché des faux médicaments se développe considérablement.

Et de constater que les bonnes pratiques sont donc devenues à haut risque.

Madame la Ministre,

1) Estimez-vous que la qualité, l’efficacité et la sécurité des produits génériques sont assurées en Belgique, que les réticences de l’Académie de Médecine française relatives aux réactions allergiques dues à un changement d’excipient, à la difficulté de substitution des médicaments à marge thérapeutique étroite par des génériques et aux bonnes pratiques devenues à haut risque sont prises en considération ?

2) Ces mêmes réticences, mais à un niveau plus aigu, ne vaudront-elles pas pour le développement et la mise sur le marché des médicaments biosimilaires qui sont des molécules bien plus complexes que les molécules chimiques et qui vont également représenter, d’ici quelques années, une source d’économies importante pour les soins de santé ?

3) Alors que le Parlement vient d’adopter la ‘ loi portant des dispositions diverses urgentes en matière de santé’, n’estimez-vous pas qu’une certaine prudence et une certaine souplesse d’application s’imposent quant à la place objective des génériques dans la prescription ?

Je vous remercie.

André du Bus

Les soins de santé dans les prisons

Madame la Ministre,

1) Récemment, à la prison de Forest, lors d'examens à l'arrivée, plusieurs personnes ont présenté des symptômes de tuberculose à des stades de suspicion différents.

Si on peut considérer que le Fares (Fonds des Affections Respiratoires) a effectué correctement son travail, l'isolement de ces personnes a posé problème à cause de la surpopulation dans cette prison. Actuellement, quelque 715 personnes détenues sont incarcérées dans la prison de Forest qui ne dispose que de 405 places. Etant donné la situation, les personnes détenues concernées ont été regroupées dans la précipitation dans des cellules communes, isolés des autres personnes détenues et du personnel afin d'éviter toute propagation de la maladie.

Soulignons qu'en prison, selon le rapport «  les soins de santé dans les prisons belges » de nombreuses maladies sont beaucoup plus présentes en prison que dans la société en général : TBC ( x16), VIH (x5), hépatite C (x7), alcool et drogue (x7)De plus en plus de personnes détenues ( 5 à 10 % ) souffrent de graves troubles psychiatriques, psychoses ( x5), suicide ( x6). On constate également de plus en plus de cas d'obésité et de diabète,

Madame la Ministre,

Au-delà de cet incident, c'est la problématique du statut des soins de santé aux personnes détenues en milieu carcéral que je souhaite évoquer.

Tout d'abord, souligner que la prison, c'est la privation de la liberté d'aller et de venir et rien d'autre. Cela signifie que chaque personne détenue ( en préventive ou condamnée, jeune ou âgée, homme ou femme, hétéro ou homosexuel ) conserve l'ensemble de ses droits, notamment le droit à la dignité humaine et le droit à la santé.

Par ailleurs, selon la loi de principes de 2005 concernant l'administration pénitentiaire, les soins de santé pour les personnes détenues doivent être équivalents aux soins de santé dispensés avant l'incarcération ainsi qu'aux soins dispensés dans la société libre et doivent en outre être adaptés aux besoins spécifiques des personnes détenues.

Enfin, en 2009, le Conseil supérieur de la Santé a émis un avis sur la réforme des soins de santé dans les prisons. Celui-ci recommande l'instauration d'un «  Institut Soins de Santé Prisons » sous la tutelle du Ministre de la santé publique. En d'autres termes de créer une structure similaire à une Maison Médicale à l'intérieur des prisons.

Madame la Ministre,

1) En ce qui concerne la situation à la prison de Forest, les suspicions se sont-elles avérées être des cas de tuberculose ? Quelles mesures d'isolement ont été prises à moyen terme ?

2) en ce qui concerne vos compétences- Affaires sociales et Santé publique - comptez-vous accroître les contrôles des Autorités sanitaires sur la manière dont les soins de santé sont assurés dans nos prisons et, notamment, en renforçant l'indépendance des soignants par rapport à l'Administration pénitentiaire, mais également à accroître l'intervention de l'Inami ?

Je vous remercie,

André du Bus