[caption id="attachment_1272" align="alignleft" width="266" caption="Yves Leterme, Premier Ministre et, en arrière-plan, André du Bus et Patrick Dewael, Députés, le long de l'East River à New-York"][/caption]
Ce mardi après-midi se tenait la séance d'information parlementaire préalable à la réunion de haut niveau 2011 sur le sida de l'Assemblée générale des Nations Unies.
Dans leurs discours d'accueil, Anders Johnsson, Secrétaire général de l'UIP et Michel Sidibé, DG de l'ONUSIDA, ont insisté sur le rôle des parlementaires dans la lutte contre le sida, principalement dans la pression qu'ils doivent exercer à l'égard du pouvoir exécutif. Les populations restent « aphones » à l'égard du sida, dans ce contexte les parlementaires sont les seuls qui peuvent porter un discours propre à faire évoluer les mentalités et à prendre des décisions structurelles, en actionnant le bras de levier législatif et financier. La morale et l'éthique sont également des facteurs à propos desquels les parlementaires ont une responsabilité à assumer.
La question des droits de l'homme et des violences faites aux femmes restent centrales dans les dispositifs de lutte contre le sida. A cet égard Michel Sidibé s'est félicité de l'adoption récente (ces jours-ci) d'une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU établissant un lien direct entre la violence faite aux femmes en situation de conflit et le sida. La violence est une gangrène qui sape notre société. On n'insiste pas assez sur le caractère inadmissible de cette violence. « La non violence est la seule voie pour aboutir à un changement social » a-t-il ajouté. Aujourd'hui 9 M° de personnes ne peuvent bénéficier d'un traitement. C'est une question de justice sociale qui doit être défendue dans tou
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tes les assemblées parlementaires du monde. Par ailleurs, dans le registre des droits de l'homme, Petra Bayr, membre du parlement autrichien, a rappelé que 106 pays ont encore des lois qui entravent les stratégies de lutte contre le sida. Seule une approche multisectorielle reste pertinente pour faire évoluer ces situations.
C'est sans doute la question des moyens financiers qui a été évoquée le plus longuement par plusieurs orateurs. D'abord en rappelant que 90% des personnes traitées le sont grâce à des ressources étrangères. Cette situation est intenable dans le long terme. Jim McDermott, membre de la Chambre des Représentants des Etats Unis, a rappelé que le Congrès Américain contribue à hauteur de 58% au budget de ONUSIDA. Et que les perspectives à long terme restent inquiétantes : des 4 modèles prédictifs de la situation du sida en 2031, le plus optimiste évoque encore 1,3M° de nouveau cas par an et le plus pessimiste 2,7M° par an. Pour le secteur pharmaceutique, cette situation représente plus qu'une aubaine. A cet égard, Michaël Kirby, ancien juge à la Haute Cour australienne a rappelé que le régime du droit de propriété intellectuelle est un réel frein à l'accessibilité financière des médicaments. Et qu'il convient de prévoir un régime d'exception pour une série de pays qui doivent pouvoir produire les médicaments à prix modique. Ce sujet est déjà sur la table des discussions.
Le moment de fort de l'après-midi fut à mettre à l'actif de Michaël Kirby qui, en rappelant que de façon générale la loi n'est pas favorable aux pandémies puisqu'elle ne prévoit que la mise en quarantaine, a prononcé un vibrant plaidoyer à l'égard des mesures législatives à prendre pour abolir toutes les formes de discriminations vis à vis des personnes les plus vulnérables face au sida: d'abord les femmes, ensuite les homosexuels, les drogués par voie d'injection et les autres groupes cibles discriminés. C'est à lui que l'on doit la formule : « Nous devons entamer la lutte contre le virus du silence législatif, le VSL »
A suivre
André du Bus
Le 7 juin 2011 zp8497586rq