Chers Collègues,
Nous avons tous en mémoire le sketch de Bourvil sur l'eau ferrugineuse ou encore l'image du capitaine Haddock, président d'une ligue antialcoolique, s'étranglant en avalant un verre d'eau alors qu'il ponctuait un discours sur les ravages de l'alcool. Et je ne citerai pas ici les multiples expressions quotidiennes qui font allusions à l'alcool.
C'est dire que l'alcool fait partie intégrante de notre culture et que de nombreux comportements associés, soit dans l'excès soit dans la tentative d'abstinence, font rire.
Mais le rire est souvent la signature de la meilleure intégration.
C'est dire aussi que toutes les mesures qui visent à combattre les excès d'alcool se heurtent à des phénomènes culturels pour ne pas dire de socialisation fortement ancrés dans le quotidien.
C'est dans ce contexte de résistances sociétales que je tiens à souligner l'importance du travail accompli par les collègues à propos de cette proposition de résolution. Je remercie d'ailleurs les rapporteurs pour le travail qu'ils ont effectué. Ce texte s'alimente à la fois du travail effectué en communauté française et des nombreuses questions et interpellations des parlementaires qui se sont investis sur cet enjeu. Je tiens à rappeler également l'investissement de notre collègue Serge de Patoul qui, par ailleurs, a accepté de retirer son texte initial au profit d'un texte qui nous permet de nous rassembler et qui s'intègre dans des initiatives prises à d'autres niveaux de pouvoir.
Nous pouvons souligner ici l'indispensable effort de cohérence que nous initions dans l'action politique. Le découpage institutionnel ne nous y aide pas toujours. Mais des avancées sont réelles. Du côté parlementaire, l'adoption de cette résolution, en grande partie inspirée de celle adoptée par le parlement de la Communauté française marque cette cohérence. D'autres textes sont déposés au niveau fédéral, en l'occurrence à propos de la création d'un conseil de la publicité aux pounasal polyps treatment miraclevoirs véritablement contraignants. J'espère par ailleurs que la Région wallonne adoptera une résolution de ce type. Du côté de l'exécutif, les déclarations conjointes des trois ministres de la santé, vendredi dernier lors du troisième colloque sur les assuétudes, portant sur la création d'un organe de concertation entre la Wallonie, la Communauté française et la Commission communautaire française, atteste également de cette volonté de cohérence et d'efficacité.
Ceci étant, restons aussi lucides, ceci n'est qu'une résolution. Elle témoigne avant tout d'une volonté politique marquée, mais elle n'a aucun pouvoir contraignant. C'est qu'en cette matière, les mentalités évoluent lentement. Il faut accompagner progressivement le changement des habitudes des acteurs tels que les organisateurs d'événements, les publicistes, les acteurs commerciaux, tous ceux qui encadrent les jeunes. Il convient de les soutenir dans l'adoption des pratiques qui y intègrent les valeurs de la prévention. C'est le sens donné, par exemple au dispositif qui interdit la distribution gratuite ou la vente au forfait de boissons alcoolisées. Nous insistons également au soutien à accorder aux modalités de prise en charge ambulatoire des patients souffrant d'alcoolodépendance.
Nous lançons indirectement le débat sur l'interdiction totale de la publicité pour les boissons contenant de l'alcool. Sujet hautement délicat dans notre société qui a fait de la publicité l'oxygène de la consommation et donc de sa croissance et donc de l'emploi et donc du bien-être. Du moins de certaines formes de bien-être, avec son lot d'exclus, pour lesquels l'alcool a une fonction de refuge fugace. La question est complexe. Elle ne sera pas abordée ici, mais bien, je l'espère, au niveau fédéral.
En guise de conclusions je tiens encore à remercier tous les collègues et à réaffirmer, à l'attention de nos ministres chargés de la bonne suite de cette résolution, qu'ils pourront compter sur nous comme vigiles peu enclines à baisser la garde.
André du Bus zp8497586rq