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Prévention primaire du cancer du sein auprès des jeunes femmes de demain

Soumis par andredubus le

Ce 19 avril s’est tenue la première rencontre de travail du groupe inter-parlementaire « cancer du sein ». Je voudrais remercier M. Brotchi de cette belle initiative qui nous a permis d’entendre le professeur Jean-Marie Nogaret, chirurgien et coordinateur de la clinique du sein de l’Institut Bordet, et le Dr Fabienne Liebens de la clinique du sein du CHU Saint Pierre à Bruxelles et vice-présidente d’Europa Donna. L’objectif de cette première rencontre était de dresser un état des lieux de la question et des priorités à mettre en oeuvre.
Chaque jour, en Belgique, vingt-cinq femmes apprennent qu’elles sont atteintes d’un cancer et huit meurent du cancer du sein. Ces chiffres sont connus de tous et les politiques de dépistage sont de plus en plus renforcées pour réduire le nombre de cas. Nous ne pouvons que vous encourager à poursuivre dans cette voie, madame la ministre.
Toutefois, dans notre pays, le nombre de cas de cancer augmente de un pour-cent chaque année. Il est donc urgent d’agir sur les facteurs modifiables grâce à la mise en place d’une véritable politique de prévention primaire. Or une étude a été menée parmi nos jeunes universitaires afin de mesurer leurs connaissances des facteurs de risques du cancer du sein. Il en ressort que près de 70 % reconnaissent l’hérédité comme un de ces facteurs, mais que moins de deux pour-cent identifient l’alcool, l’obésité et le surpoids ou le manque d’activité physique comme étant des facteurs de risques, alors que l’on peut facilement éviter ceux-ci en respectant quelques principes d’hygiène de vie.
En 2008, l’Académie nationale française de médecine a publié un rapport sur les causes de l’augmentation régulière de l’incidence des cancers du sein invasifs dans les pays industrialisés, y compris la France, et propose également des actions de prévention pour inverser cette tendance.
Selon l’OMS, trente pour cent des cancers du sein sont liés à des facteurs modifiables. De fait, pour la grande majorité des cancers du sein, les causes sont essentiellement exogènes, environnementales, probablement multiples. Comme l’indique l’augmentation de l’incidence chez les Japonaises ou les Africaines émigrant aux États-Unis, ces causes sont liées au mode de vie occidental, c’est-à-dire à l’alimentation, aux modalités de reproduction, etc. Une véritable politique coordonnée de prévention primaire, notamment auprès des jeunes, permettrait non seulement de réduire l’incidence du cancer du sein mais également de réduire celle du diabète ou des maladies cardiovasculaires.
Madame la ministre, envisagez-vous de mettre en oeuvre des actions de prévention primaire en concertation avec vos homologues des différents niveaux de pouvoir ? Le manque d’information des jeunes femmes belges sur les facteurs de risques évitables sera-t-il abordé lors de votre prochaine conférence interministérielle ?

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – La Communauté française a axé la prévention du cancer du sein sur le dépistage précoce. Un programme organisé de dépistage par un mammotest a été mis en place pour les femmes âgées de 50 à 69 ans, conformément aux recommandations européennes.
L’ignorance, dont vous parlez, des facteurs de risques du cancer du sein tels que l’obésité, l’alcool et le manque d’activité physique, ne m’étonne pas.
En effet, depuis des années, l’accent en prévention primaire a été mis sur les cancers sur lesquels cette prévention pouvait avoir un effet important et évident : le cancer bronchique des fumeurs, le mélanome en lien avec l’exposition au soleil et, dans une moindre mesure, le cancer du côlon lié à l’alimentation. Pour le cancer du sein, les facteurs de risques sont moins évidents et font davantage partie des risques généraux, ce qui rend plus complexes les stratégies de prévention primaire.
Cependant, je ne préconise pas d’attirer l’attention sur chaque affection particulière. Cette multiplication dans les messages ne pourrait que conduire à la confusion, à augmenter l’anxiété et, devant l’ampleur des facteurs de risques, à mettre chacun dans une situation d’inertie par défaitisme plutôt que dans une démarche proactive.
Je suis plus favorable à une approche globale qui prenne en compte toutes ces problématiques de santé et les facteurs de risques associés, en les replaçant dans une démarche de réflexion, de discussion, de critique axée sur les déterminants sociaux de la santé.
Les facteurs de risque comme la consommation d’alcool, le surpoids et le manque d’activité physique sont ceux qui reviennent le plus souvent dans les projets de promotion de la santé que je promeus et soutiens.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Ma question portait essentiellement sur la méconnaissance des jeunes des facteurs de risques. Or sur ce point précis, vous n’avez pas répondu à la question, si ce n’est que vous préférez une approche globale et transversale. Je suis entièrement d’accord avec ce principe mais en attendant, les jeunes ne connaissent toujours pas les facteurs de risques.
Or c’est sur des actions de prévention ou une meilleure coordination que j’aurais voulu que l’on discute.
La réflexion sur le caractère transversal de l’action et les effets bénéfiques de la promotion d’attitudes saines est fondamentale mais le fait que les jeunes méconnaissent ces facteurs de risques reste interpellant. Nous devons y réfléchir.