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Printemps birman| Question en plénière sur la situation en Birmanie

Soumis par andredubus le

Question orale au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes sur “le printemps birman”

Dans l’introduction de l'édition 2008-2009 du Guide du routard consacré au Myanmar, l’auteur se demande s’il faut boycotter ce pays et s’il convient, ou non, de s’y rendre. Voici encore quelques semaines, on aurait pu ajouter la question suivante : faut-il aller dans ce pays oublié, ignoré de l'Occident, dont l'histoire récente se résume à cinquante ans de dictature militaire, dont la population, séquestrée, est privée de ses droits les plus fondamentaux et où le simple fait de prononcer le nom de Aung San Suu Kyi, Prix Nobel 1991, fait de vous un prisonnier politique ?

Le 1er avril 2012 ont eu lieu des élections partielles. La victoire fut autant historique que symbolique, modeste mais écrasante pour la Ligue nationale pour la démocratie. On a noté une participation enthousiaste de la population. Un vent de liberté souffle donc sur le Myanmar. Aung San Suu Kyi est élue au parlement, point d'orgue d'une série ininterrompue de revendications et de réformes aussi nombreuses que spectaculaires. Les élections, rendues volontairement transparentes par la présence d’observateurs et de journalistes, semblent s'être déroulées dans le calme, sans incidents majeurs, même si tout n'a pas été parfait.

Une première étape, sans aucun doute importante, a été franchie sur le chemin escarpé de la démocratie. Une ouverture timide au dialogue est donc rendue possible entre le gouvernement et la population.

D'autres signes positifs nous parviennent. Fin avril, un Bureau de l'Union européenne sera installé à Rangoon. En 2014, le Myanmar assumera la présidence de l'ASEAN. En réponse à la demande d'explications que je lui avais adressée en novembre 2011, le ministre Vanackere avait confirmé la création d’une Commission nationale des droits de l'homme.

Je constate aussi que l’on se bouscule subitement au portillon politique pour découvrir ce pays étourdissant de beauté, à l'hospitalité extraordinaire, qui s'ouvre au monde après des années d'isolement, un peu comme le Japon qui, en 1868, s'ouvrait progressivement à l'Occident.

Cependant, plusieurs personnes s’interrogent, sinon sur le caractère réversible de cette évolution démocratique, à tout le moins sur les limites potentielles de cette expansion.

Nous avons appris par la presse que l’on envisageait la levée des sanctions économiques. Le Conseil des ministres des Affaires étrangères vient de se réunir. Quelle est la position de la Belgique à ce sujet et quelle est la procédure suivie pour rendre ces décisions efficaces ? Dans la foulée, peut-on imaginer que le Myanmar devienne un pays partenaire de notre Coopération au développement ?

Comptez-vous prendre contact avec votre homologue birman dans les prochains mois ? Si tel est le cas, est-il légitime d'envisager l'organisation d'une mission économique ?

>Réponse de M. Didier Reynders<

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Je vous remercie pour votre réponse prudente ainsi que pour l’initiative que vous avez prise d’inviter Aung San Suu Kyi dans la capitale de l’Europe. Certaines questions demeurent néanmoins, entre autres celle des délais dans lesquels nous pourrons reprendre véritablement des activités commerciales. Une autre question porte sur le fait de savoir si certaines compétences relevant exclusivement des États nationaux, par exemple l’environnement, ne s’accompagneront pas d’initiatives propres à chacun des pays au lieu de mesures de l’Union européenne.

Je compte revenir, en commission des Relations extérieures et de la Défense, sur différents aspects de l’accord international sur les bois tropicaux qui mobilise aujourd’hui beaucoup d’attention, la Birmanie étant connue pour la qualité de son teck, par exemple.

Je proposerai également la création d’un groupe bilatéral Belgique-Myanmar au sein de l’Union interparlementaire. Ce serait une façon de participer à la restauration des activités politiques dans ce pays.

Là où naissent de nouveaux espaces de liberté, même fragiles, là où disparaissent des espaces de dictature, là où l’humanité progresse, la Belgique a le devoir d’être présente. Vos propos me rassurent à cet égard.