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Prix du meilleur ouvrage à l’usage de l’Enseignement et de l’Education permanente

Soumis par andredubus le

Discours prononcé par Monsieur le Député André du Bus de Warnaffe à l’occasion de la remise du prix pour l’ouvrage

« Neutre et engagé »

de MM. Baudouin Decharneux et José Luis Wolfs
Aux éditions E.M.E

Bruxelles le 23 novembre 2012

Monsieur le Président,
Mes chers Collègues,
Mesdames et Messieurs les membres du jury,
Mesdames et Messieurs les journalistes,

Avant de proclamer officiellement le choix fait par le Jury du Prix de l’Enseignement et de L’Education permanente d’un ouvrage répondant le mieux aux objectifs de notre Prix, je souhaiterais d’emblée féliciter les auteurs des 2 ouvrages finalistes de grande qualité qui ont été unanimement appréciés par les membres du jury et qui ont retenu la plus grande attention lors de nos travaux.

Il s’agit de :

« La vie d’une abbaye, Le Neufmoustier, de Pierre l’Ermite à la révolution » écrit par Jean-Pierre Rorive et publié par les Editions Jourdan.

Monsieur Rorive, par un ouvrage de belle facture et dont le style vivant est véritablement passionnant, ne néglige aucun des aspects de la vie de l’abbaye qui a marqué la cité de Huy à travers les siècles - cette cité dont il est originaire, qui le passionne, et à laquelle il a consacré bon nombre de ses travaux ! Mais bien au delà de la vie religieuse d’une abbaye, c’est aussi la vie quotidienne de la population sous l’Ancien Régime, avec ses côtés pittoresques mais aussi ses misères, tellement humains, que l’auteur nous permet de revivre à travers son ouvrage.

L’autre ouvrage finaliste qui, si j’ose dire, a séduit le jury nous interpellait pourtant quelque peu violemment. « Dehors ! » c’est ainsi que s’intitule le livre écrit par M. Adrien Grimmeau.

Quelle est l’histoire du graffiti à Bruxelles ? Quelles sont ses origines, ses règles et ses pratiques ? Qui en sont ses artistes de l’ombre ?

Telles sont les questions auxquelles M. Grimmeau tente de répondre en nous interpellant sur la place du graffiti dans l’art et dans la ville, et nous interrogeant à son tour sur son rôle dans l’enrichissement artistique de la capitale de notre pays qui est aussi celle de l’Europe.

Cet ouvrage, doté d’une belle iconographie, a été publié aux éditions CFC dans la collection Lieux de mémoire.

Que ces deux auteurs, ainsi que les éditeurs qui leur ont fait confiance, soient remerciés et félicités du fond du cœur pour la qualité de leurs recherches et de leur travail. Ils ont contribués à rendre les débats qui ont animé le jury parfois vifs et animés, mais toujours respectueux et très intéressants.

***

Mesdames, Messieurs,

J’ai à présent l’honneur et le plaisir de m’acquitter de l’agréable mission de remettre le prix de notre Parlement destiné à couronner le meilleur ouvrage à l’usage de l’Enseignement et de l’Education permanente à Messieurs Baudouin Decharneux et José Luis Wolfs pour leur ouvrage « Neutre et Engagé ».

Disons-le d’emblée, pour faire honneur à toutes celles et à tous ceux qui ont unis leurs effort pour participer à l’aventure que vous avez coordonnée, ce livre est en réalité un ouvrage collectif qui ne compte pas moins de 18 contributeurs auxquels nous entendons transmettre nos félicitations à travers vous, d’un même cœur !

Vous avez en effet, Messieurs, coordonné l’ensemble en invitant un certain nombre de vos collègues à contribuer à l’écriture d’un ouvrage qui se veut, avant tout, un outil de réflexion dans les mains des enseignants qui sont amenés à réfléchir quotidiennement sur le problème de la neutralité dans l’enseignement officiel.

Mais qu’est ce qu’être neutre et comment peut-on être à la fois neutre et engagé ? Cela n’est-il pas paradoxal ?

Pour répondre à la question, il faut s’en référer au sous-titre de votre ouvrage qui, comme il l’annonce lui-même, s’attache à la « gestion de la diversité culturelle et des convictions au sein de l’enseignement public belge francophone ».

Tel est l’objet du débat ambitieux auquel les diverses contributions de l’ouvrage donne des pistes réflexion.

Comme on le sait, l’enseignant qui est face à ses élèves mineurs d’âge ne peut user de sa position pour exprimer ses propres convictions ; il doit faire preuve d’équité et d’impartialité. … En cela, il doit être neutre.

Or, dans l’enseignement, les décrets de 1994 et de 2003 définissant la neutralité, n’entendent pas s’arrêter là.

En effet, la neutralité, telle que définie par le législateur, s’articule explicitement avec la notion des droits de l’Homme, qui ne sont évidemment pas neutres ! Et il s’agit, pour l’enseignant, de veiller clairement à sauvegarder les valeurs qu’ils véhiculent. On pense par exemple, à l’égalité hommes-femmes … En cela, il doit être engagé.

La mission de l’enseignant va encore plus loin. Non seulement, il est attendu de lui un engagement en faveur de la recherche du savoir et de la rigueur scientifique mais il ne peut éviter de se remettre sans cesse lui-même en question, s’il entend former de futurs citoyens critiques, qui, à leur tour n’hésiteront pas, en tant qu’adultes, à se ressourcer.

Dans ce contexte, l’ouvrage a voulu partir d’une approche historique et d’une approche comparative internationale pour examiner les enjeux que cette mission implique, et il aborde successivement, par le biais de courtes contributions, la question des droits de l’Homme, de la diversité des convictions personnelles, des rapports entre sciences et conceptions religieuses, ainsi que celle des choix didactiques et idéologiques, évoqués à travers les projets de certains établissements ou des témoignages d’enseignants.

Cet ouvrage qui se veut vulgarisateur est en outre à la portée de chacun : enseignants et futurs enseignants, bien sûr, mais aussi tout citoyen qui souhaite approfondir sa réflexion et perfectionner ses connaissances, … il pourra également nous être très utile à nous, parlementaires, qui sommes tout récemment invités à nous pencher sur la question de l’introduction d’un cours de philosophie dans l’enseignement secondaire.

Votre ouvrage est dès lors d’une acuité toute particulière.

Il a semblé évident au jury que cet ouvrage, qui jette un regard sur cette problématique liée de près à notre système d’enseignement, et donc présente notre conception et notre façon « belges » d’appréhender la neutralité, répondait bien aux critères fixés pour l’attribution du Prix de l’Enseignement et de l’Education permanente parce qu’in fine, il met en valeur un élément immatériel de notre patrimoine auquel nous demeurons attachés.

C’est donc avec beaucoup d’intérêt qu’on lira et avec beaucoup d’empressement qu’on recommandera la lecture de votre ouvrage.

Permettez-moi de terminer par une parole à l’attention des membres du jury.

C’est avec reconnaissance que je voudrais témoigner ici de la qualité de leurs travaux.

Le jury, dans l’exercice de sa tâche a, une fois de plus, fait preuve de toutes les qualités requises pour remplir une telle mission : esprit d’équipe, travail d’analyse rigoureux, indépendance et dévouement.

Au nom du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et en mon nom personnel, je souhaite le remercier de tout cœur. Tout comme je tiens à remercier vivement le personnel de la Fédération Wallonie Bruxelles et plus particulièrement Madame Brouir et Monsieur Allepaerts qui sont à la fois la mémoire et la cheville ouvrière de ce prix qui ne serait pas ce qu'il est sans leur contribution.

Je reviens à vous Messieurs les lauréats.

Recevez encore toutes nos félicitations, celles du jury et celles du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour cet utile et intéressant « Neutre et engagé ».

André du Bus de Warnaffe

Député

Président du Jury