Intervention en séance plénière
Chers Collègues,
Si c'est la première fois que notre parlement prend en considération une résolution sur le cancer du sein, ce serait négliger notre mémoire collective que de ne pas rappeler les très nombreuses questions et interpellations dans cette assemblée sur un sujet qui reste douloureux pour un nombre de femmes, malheureusement toujours plus important, ainsi que pour leurs familles.
Comme l'écrit Marie-Paule Meert dans son récent ouvrage « Quand tu seras guérie nous irons au sommet de l'Empire State Building », le cancer du sein n'est pas une maladie comme les autres, cette maladie déclenche des sentiments bouleversants. Un sein qui n’est plus là laisse une grande cicatrice dans le corps. Mais creuse une plus grande cicatrice dans le cœur. Celle-là, les autres ne la voient pas. Il faut une immense sensibilité de l’entourage pour en saisir toute l’importance.
Ce sujet mérite donc une attention toute particulière de la part des autorités et des parlementaires. Et à ce sujet je souhaite rappeler l'initiative prise en son temps par le Mr Roelands du Vivier qui avait mis sur pied un groupe de coordination interparlementaire sur le cancer du sein.
Il faut relire les pv de ce travaux pour constater à la fois le chemin parcouru sur certaines questions et le maintien de la pertinence d'autres constats, d'autres préoccupations.
En novembre 2007, à l'occasion d'une de ces réunions interparlementaires, nous posions déjà les questions relatives à la sensibilité accrue des groupes à risques et à l'élargissement des tranches d'âge. Quatre années plus tard, ces deux questions précises reviennent avec force dans le débat. Par ailleurs, plus positivement, quatre années plus tard, sur un autre aspect, la couverture des programmes de dépistage, on peut heureusement constater une évolution significative, quoique non encore suffisante, comme le démontre le rapport de l'Alliance Inter Mutuelliste.
Et donc, plus que jamais, en regard des chiffres qui démontrent qu'en Belgique presqu'une femme sur huit sera touchée par un cancer du sein, que chaque année un nombre insupportable de femmes succombent à cette maladie cheapest generic viagra; alors qu'il est scientifiquement prouvé qu'une tiers de ces décès pourraient être évités grâce à un dépistage précoce ; et qu'il est tout aussi prouvé que les habitudes de vie jouent un rôle de plus en plus important dans la genèse de ces cancers… Face à tous ces constats, nous ne pouvons plus nous contenter de discourir. Nous ne pouvons plus occuper la tête de ce sinistre podium au sein des pays européens. La communauté médicale, à travers le récent rapport de l’Académie Royale de Médecine, tout autant que les associations de patientes, tous sont en attente d’avancées significatives.
Nous avons à plusieurs reprises insisté sur le rôle majeur que joue le médecin généraliste. C’est un agent de prévention de toute première ligne.
Face à tous ces constats, la résolution qui est aujourd’hui prise en considération ne doit pas nous plonger dans une pensée lénifiante. Elle constitue un réel appel à la mobilisation, de façon à solliciter toutes les compétences de la communauté.
C’est le sens des objectifs que nous fixons avec ce texte pour aboutir à une politique de prévention plus performante, des chiffres de couverture du dépistage ambitieux, une sensibilisation accrue des jeunes, l’adoption de modes de vie davantage en phase avec les principes de prévention, des actions ciblées à l’égard de publics à risques – nous pensons évidemment à la question de la densité des seins- et une réelle mobilisation de l’ensemble du corps médical de première ligne. Et enfin, que nous avancions sur la question de l’extension du champ de couverture du dépistage vers les femmes de moins de 50 ans.
En 2010, le KCE a publié un rapport sur cette question qui concluait comme suit : « le bénéfice attendu d'un dépistage entre 40 et 49 ans reste incertain ». Vous vous êtes appuyé sur cette conclusion, madame la Ministre, pour conforter votre position.
Nous plaidons pour que cette position soit revue et ré-actualisée à l'aulne des études et des recherches les plus récentes.
Chers Collègues, nous savons qu’il est possible de rassembler l’ensemble des forces politiques sur cette question, en dehors de tout clivage majorité/oppposition. C’est une nécessité.
Je vous remercie pour votre attention,
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