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Question sur la prévention de l'obésité

Soumis par andredubus le

La revue Éducation Santé de ce mois-ci a présenté les résultats de la Commission française pour la prévention et la prise en charge de l’obésité. Ce rapport dresse un état des lieux de la situation en France et des efforts de mobilisation déjà entrepris.
Il souligne les faiblesses et insuffisances des programmes de prévention de l’obésité. Si ce rapport ne présente pas de grandes découvertes scientifiques, il met cependant en évidence la stabilisation de l’obésité infantile en France. L’article d’Éducation Santé reprend aussi les chantiers jugés prioritaires en vue de réduire les écarts entre les groupes sociaux sur le plan nutritionnel. Certaines de ses recommandations pourraient être transposables dans notre pays.
J’attire donc votre attention, madame la ministre, sur certaines pistes avancées dans ce rapport, dont l’obligation d’installer des fontaines d’eau dans les lieux publics et les entreprises privées.La Communauté française ne pourrait-elle dès lors envisager la mise à disposition de fontaines d’eau dans toutes ses administrations, ses OIP ainsi que dans les universités et établissements scolaires ? La DPC prévoit, dans la promotion des habitudes saines, l’accessibilité à l’eau potable dans les écoles. Ne serait-il pas utile d’élargir cette mesure à tous les lieux dépendant de la Communauté française, tant pour promouvoir des attitudes saines que pour lutter contre la dépendance à l’alcool ?
Le rapport met également en avant l’importance d’introduire de façon obligatoire dans le cursus des enseignants et des travailleurs sociaux des notions de base de nutrition. Ne peut-on envisager qu’au terme de cette législature et en concertation avec votre collègue Marcourt, les bases de la promotion de la santé et du bien-être de l’enfant dans toutes ses dimensions – estime de soi, attitudes saines… – soient abordées dans la formation des enseignants et des travailleurs sociaux ?
Le rapport évoque par ailleurs l’idée de couler dans un règlement contraignant les normes de composition des repas servis dans les cantines scolaires. Des actions de sensibilisation des parents et des enseignants ont été menées sous la précédente législature en concertation avec le ministre de l’Enseignement. Que pensez-vous de cette idée ?
Par ailleurs, vous nous annonciez en avril dernier, en réponse à ma collègue Christine Servaes, la mise en place d’un comité de pilotage créé par le gouvernement de la Communauté française en charge de définir une série d’axes prioritaires visant à établir un plan « attitudes saines ». Ce plan a-t-il été déterminé ? Quels en sont les axes prioritaires ? Quelle place accorde-t-il aux conséquences de la pauvreté sur la santé ? Reprend-il certaines des idées que j’ai évoquées ci-dessus ?

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Plusieurs recommandations ont été adoptées à l’unanimité par la commission chargée de rédiger un rapport et des propositions relatifs à la prévention et à la prise en charge de l’obésité en France. Parmi elles, on trouve l’organisation d’actions ciblées destinées aux publics fragiles, le développement de la culture alimentaire des enfants, l’instauration de conditions favorables au développement de l’activité physique, la diffusion d’informations sur les bonnes pratiques relatives au temps que les enfants passent chaque jour devant un écran et la nécessité d’indiquer obligatoirement, au niveau européen, le nombre de calories sur la face avant des emballages et sur chaque portion.
Les projets jugés prioritaires sont répartis en trois groupes distincts : les actions en milieu scolaire, celles qui s’adressent à l’ensemble de la population et celles qui sont destinées aux systèmes de santé.
M. du Bus de Warnaffe suggère que la Communauté française installe des fontaines d’eau dans toutes ses administrations, ses OIP, ses universités et ses écoles. Il s’agit d’une excellente idée. Cependant, le contexte budgétaire actuel ne permet pas de soutenir une initiative de cette envergure. Je continue néanmoins à promouvoir la mise à disposition gratuite d’eau dans tous les lieux publics. Je ne manquerai pas de le souligner chaque fois que j’en aurai la possibilité.
Je proposerai dans les plus brefs délais à mon collègue Jean-Claude Marcourt d’intégrer dans la formation des enseignants et des travailleurs sociaux des bases de la promotion de la santé et du bien-être de l’enfant. Cette mesure serait pertinente. Le comité de pilotage du plan attitudes saines s’est réuni à deux reprises sous l’égide du ministre-président Rudy Demotte. Celui-ci devrait convier prochainement toutes les parties concernées.
J’accorde pour ma part une attention particulière aux populations précarisées. J’ai ainsi lancé au début du mois de septembre un appel à projet visant à réduire les inégalités sociales dans le domaine de la santé. Il proposait trois axes prioritaires dont un relatif à la promotion des attitudes saines. Les projets qui me sont parvenus sont nombreux. Je suis convaincue qu’ils contribueront à promouvoir les attitudes saines au sein des populations précarisées.
Les prébiotiques sont des composants alimentaires naturels indigestes censés améliorer la santé en influençant, par une stimulation sélective de certaines bactéries probiotiques, la flore intestinale. En ventant les prébiotiques, on amène le public à penser qu’en les consommant, il serait protégé, quels que soient son alimentation et son niveau de sédentarité. Il faut éviter l’amalgame entre la mise en évidence d’un atout et un remède miracle permettant d’éviter l’obésité. Je ne crois donc pas que les prébiotiques soient la solution. Je préfère de loin vanter les mérites de la consommation de fruits et de légumes. D’ailleurs, d’après la chercheuse Dorothée Goffin, on est loin de tout connaître sur le mode de fonctionnement des prébiotiques et des probiotiques. Elle ajoute qu’un message important doit passer auprès du public : probiotiques et prébiotiques ne seront jamais des produits miracles et n’auront jamais d’effet bénéfique sur la santé d’un consommateur qui négligerait systématiquement une alimentation saine et équilibrée.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Certains éléments de cette réponse sont vraiment encourageants. Cependant, installer des fontaines d’eau dans les espaces publics pose de grandes difficultés budgétaires.
Aujourd’hui, notre parlement accueille un colloque sur l’eau qui mobilise de nombreux acteurs. Je me demande dès lors s’il ne serait pas opportun d’établir un partenariat avec, entre autres, la Société wallonne de distribution des eaux. Il y a quelques années, cela s’était fait avec l’IBDE pour financer des installations de distribution d’eau dans les écoles bruxelloises.
Certains opérateurs publics de l’eau seraient donc intéressés par ce type de partenariat qui leur permettrait d’assurer à la fois leur promotion et celle de l’eau de distribution, laquelle est de grande qualité.

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Il est vrai que des pouvoirs organisateurs sont parfois très pro-actifs. Certains ont eux-mêmes installé des fontaines à eau. Je pense notamment à la Ville de Bruxelles. Il faudrait en effet lancer avec Mme Simonet une initiative concertée.