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Rapport relatif à la prévention du VIH/sida et autres IST

Soumis par andredubus le

Tout d’abord, je tiens à remercier Madame la Ministre pour son exposé qui apporte quelques compléments d’informations qui facilitent la lecture du rapport relatif à la prévention du VIH/sida et des IST. Ce rapport constitue un premier rendez-vous, une première étape car il est nécessaire de prendre le temps pour faire le point au regard, notamment ; des données récentes de prévalence de l'infection durant l'année 2010, afin d’inscrire notre action dans la durée.

Revenant sur les propos de notre ancien Premier Ministre, Y. Leterme, lors de la réunion de haut niveau sur le Sida, en juin dernier, au siège des Nations Unies : « Notre priorité commune est d’arrêter la propagation du sida et d’aider ceux qui sont infectés par le virus. »

Il s’agit d’arrêter la propagation du sida par la prévention primaire : c’est l’information auprès de la population en général avec une attention particulière pour les publics cibles et l’incitation à se protéger par des messages adéquats et spécifiques mais qui -il faut le reconnaître- ne sont pas toujours évidents à appliquer en fonction des situations. Car toucher aux comportements et chercher à les modifier par une information et une sensibilisation n’est pas toujours évident parce qu’il faut prendre en considération l’autonomie, le choix, les attitudes, la culture et la liberté de la personne.

Nous pouvons également agir par la mise en place d’un dépistage précoce auprès de personnes exposées à la contamination, qui sont la plupart du temps dans l'ignorance de leur infection, asymptomatiques, potentiellement à risque pour les autres, et dont on ignore le nombre.Il est impératif que ce dépistage soit précoce afin d’initier rapidement un traitement adapté, de préserver autant que possible une certaine qualité de vie du patient et enfin, de réduire les coûts à charge de l’INAMI.

Au vu des dernières statistiques de l’Institut scientifique de Santé Publique, je ne présenterai toutefois pas la situation comme le résultat d’un échec, celui de notre politique de dépistage. Certes, il faut reconnaître que les chiffres sont inquiétants. Et on peut légitimement se poser la question de savoir si on peut se satisfaire du niveau de prévention et de dépistage actuel ? Une analyse doit, en tout cas, être conduite sereinement et nous serons attentifs aux enseignements que vous en tirerez, Madame la Ministre.

Dans une réponse récente à une question parlementaire, Madame la Ministre L. Onkelinx considère que « plus la politique de dépistage est performante, plus le nombre de cas est élevé ». Et de citer : « en 2010, 600.000 tests de dépistage ont été remboursés par l’INAMI. Ce chiffre représente 59,7 tests annuels par mille habitants. C’est l’un des taux de dépistage les plus élevés en Europe ».

Mon opinion, c’est qu’il faut davantage prôner -ce que j’appelle- le travail de maillage, c’est-à-dire l’amélioration des trois C :

  1. une plus grande coordination des initiatives sur le terrain ;
  2. une concertation forte et soutenue entre les différents niveaux de compétences, notamment, dans le cadre de la Conférence interministérielle Santé publique ;
  3. une coopération internationale exemplaire avec l’Europe et l’Onusida dont les objectifs de la nouvelle stratégie sont «  Ensemble pour l’accès universel : objectif zéro nouveau cas d’infection au VIH, zéro discrimination et zéro décès dû au sida »

A l'écoute de votre présentation tout à l'heure j'ai eu l'occasion d'apprécier le fait que vous avez en partie intégré ces trois concepts dans cotre politique.

Enfin, je saisis l'opportunité de cet échange pour poser les questions suivantes : .

  • Comme préconisé dans notre résolution, avez-vous encouragé des initiatives qui lient l’art au VIH/sida afin de susciter la réflexion et le dialogue autour de ce sujet ? Existe-t-il, à votre connaissance, une association ou un mouvement d’éducation permanente qui assure notamment cette mission au sein de la FWB?
  • Récemment, lors de la conférence de presse que vous avez tenue récemment au sein de notre Parlement, différents acteurs du secteuri ont exprimé des craintes quant à leur avenir et à celui de leurs activités dans le cadre de la réforme des dispositifs de santé en FWB. En effet, qu’adviendra-t-il notamment de l’Observatoire du sida et des sexualités et de la Plateforme prévention sida dans cette réforme ? Par ailleurs, selon le secteur, la verticalité que sous-tend une OIP ne serait pas favorable à la concertation et surtout aux relations entre acteurs ? Ceux-ci s’appuient sur l’expérience passée de l’Agence de prévention du sida qui n’a pas été concluante et qui a disparu au profit de nouvelles structures telle que l’Observatoire du sida et des sexualités.

Pour conclure, je souhaite souligner aussi la nécessité d’évaluer nos politiques en termes d’impact et donc d’évaluer l’impact des outils et campagnes développés par les acteurs du secteur.

Par exemple, l’Observatoire de la santé et du social à Bruxelles publie des fiches relatives à l’état de santé de la population par quartier. Ces fiches devraient permettre, à tout acteur local de prévention ou promotion de la santé, d’ajuster ses actions en la matière et de « coller » aux réalités locales. Mais on constate que d’une part, il a fallu du temps pour que ces « outils » soient utilisés par certaines communes et d’autre part, cet outil reste sous-utilisé. Il nous semble qu’une analyse de l’impact d’outils et de campagnes diffusés soit pertinente et utile car elle permettrait entre autres d’évaluer les objectifs opérationnels en matière de prévention.

C'est dans ce sens que je plaide, au nom du cdH, pour que notre prochain rendez-vous, au terme de l'année 2012, puisse être l'occasion de travailler au départ d'un document qui mette davantage en avant les éléments méthodologiques relatifs aux effets, à l'impact et à l'efficience de nos politiques.

André du Bus