Question orale à la ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – En juin dernier, madame la ministre, vous étiez interrogée, dans le cadre des questions d’actualité, sur les campagnes de vaccination du col de l’utérus.
Ces questions faisaient suite à la décision du Japon de ne plus recommander officiellement le vaccin aux jeunes filles, étant donné les centaines de plaintes relevées sur de possibles effets secondaires du vaccin.
Par ailleurs, le bilan mitigé de la Fédération Wallonie-Bruxelles concernant ces campagnes de vaccination renforçait encore les interrogations quant à la pertinence de maintenir cette vaccination auprès des jeunes filles. Pour rappel, en 2012, les actions de la Fédération Wallonie-Bruxelles n’avaient touché que 20% du public cible, alors que l’objectif assigné était d’atteindre un taux de couverture de 60%. Les raisons de ce bilan étaient tant économiques et philosophiques que liées aux informations circulant sur la mise en doute de la fiabilité du vaccin.
En réponse à ces questions, vous aviez exposé qu’après la décision du Japon, la ministre Onkelinx avait demandé au Conseil supérieur de la santé et à l’Agence fédérale des médicaments de lui remettre un nouvel avis et qu’un rapport était attendu à ce sujet.
Avez-vous pu recevoir les conclusions de ce rapport? Dans l’affirmative, amène-t-il la Fédération Wallonie-Bruxelles à revoir son approche concernant la vaccination des jeunes filles contre le papillomavirus?
Bien que le cancer du col de l’utérus représente la première cause de mortalité des femmes de moins de 35 ans en Europe, il est indispensable de prendre en compte tous les paramètres de manière objective et rigoureuse, dont d’éventuels effets secondaires, afin que la Fédération puisse prendre une décision efficiente à ce sujet.
Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Je rappelle tout d’abord qu’à l’instar d’autres médicaments, les vaccins Gardasil et Cervarix sont continuellement surveillés. Si nécessaire, des mesures sont prises par l’État fédéral, qui est compétent pour les autorisations relatives aux médicaments.
Il analyse régulièrement les avantages et les inconvénients afin de s’assurer que les bénéfices continuent de l’emporter sur les risques. Ainsi, en 2012, à la suite de l’étude canadienne remettant en cause l’utilité de la vaccination HPV, ma collègue Laurette Onkelinx a demandé à l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) un rapport complet sur les effets secondaires des vaccins HPV ainsi que l’avis du Conseil supérieur de la Santé afin de disposer d’informations claires.
Les conclusions, qui ont été publiées sur le site du Centre belge d’information phamacothérapeutique, confirment le rapport positif entre les bénéfices et les risques de la vaccination HPV.
À la suite de la décision des autorités japonaises, j’avais effectivement sollicité ma collègue de la Santé publique pour recevoir un avis du Conseil supérieur de la santé.
Un avis urgent avait été rendu en juin 2013. Il concluait : « Une douleur persistante en général, et en particulier le CRPS (Syndrome de douleur régionale complexe), est un phénomène connu mais- rare survenant après perforation de la peau et/ou des muscles, et donc après la vaccination. Les cas signalés de CRPS au Japon par rapport au vaccin contre le HPV devraient être, plus que probablement, vus dans ce contexte .Le nombre limité de cas signalés n’indique pas une augmentation de l’incidence par rapport à l’incidence de base connue du phénomène.
Par ailleurs, le Conseil revoit actuellement la fiche de vaccination contre le HPV. L’avis devra être transmis en janvier 2014. Nous pourrons dès lors revenir sur ce dossier.
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Rendez-vous en 2014.