Question orale à la ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Une étude menée par le Club européen des diététiciens de l’enfance (Cede), l’École de santé publique de l’ULB, l’Hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola et Evian a mis en évidence que seul un enfant sur dix s’hydratait suffisamment.
Si l’on considère les recommandations de l’Efsa (European food safetyauthority), entre l’âge de 9 et 13 ans, les garçons doivent boire 1,5 litre par jour et les filles, 1,4 litre. En réalité, les garçons de cet âge boivent en moyenne 916 millilitres et les filles 834 millilitres.
Pourtant, il est prouvé qu’une déshydratation, même très légère, peut avoir de nombreuses répercussions sur l’organisme. À partir d’une perte en eau de 1% du poids corporel, on peut déjà observer une altération des performances physiques, de l’appétit et de la thermorégulation. À partir de
2 % de perte, les fonctions cognitives peuvent être affectées. Au-delà de 4%, elle provoque des maux de tête, de la somnolence, de l’irritation ou de l’hyperactivité. En dépassant le seuil des 8 %, elle peut provoquer des troubles de conscience et le décès.
À cela, il faut ajouter qu’un déficit chronique d’hydratation peut amener des infections urinaires et des calculs rénaux.
Madame la ministre, étant donné l’importance d’une bonne hydratation et le constat d’un déficit fréquent chez l’enfant, la Fédération Wallonie-Bruxelles confirme-t-elle ce bilan de déficit hydrique? Dans le cadre de son plan « attitudes saines » prévoit-elle un volet spécifique consacré à la sensibilisation des jeunes à une bonne hydratation journalière? D’autres campagnes sont-elle menées en Fédération Wallonie-Bruxelles pour encourager les enfants à boire davantage d’eau?
Dans l’affirmative, dans quel contexte ces actions sont-elles réalisées?
Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Permettez-moi de préciser que si la déshydratation peut avoir des répercussions importantes sur l’organisme, elle ne constitue pas un problème de santé publique en Belgique. Dans certaines situations particulières, comme lors de vagues de chaleur, il est conseillé aux personnes plus fragiles comme les petits enfants et les personnes âgées de veiller à une hydratation suffisante. À cette fin, des brochures reprenant des recommandations en matière d’activité physique et de boisson sont largement diffusées.
Si la quantité d’eau absorbée quotidiennement par les enfants de la Fédération Wallonie-Bruxelles peut être augmentée, j’estime surtout qu’il faut promouvoir des comportements alimentaires favorables à la santé et limiter la consommation de sodas.
Un petit guide pratique intitulé « L’eau de distribution dans les écoles » a été publié en 2009 par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il reste d’actualité et est toujours utilisé. La Fondation pour la santé dentaire a, quant à elle, publié la brochure L’eau comme boisson à l’école pour les écoles, les infirmières des services PSE et des centres PMS. Pour promouvoir l’alimentation saine, un nouvel outil pédagogique « Se mettre à table » a été développé par l’asbl Cordes. Il permet aux équipes éducatives de susciter une réflexion sur l’alimentation au sens large du terme à l’école. Cet outil vient en complément du cahier spécial des charges Alimentation saine, savoureuse et durable que j’ai mis à la disposition des collectivités d’enfants avec mes collègues de l’enseignement et de la petite enfance.
Il intègre un ensemble de références et de recommandations pour une alimentation équilibrée. Ainsi, il recommande la mise à disposition d’eau en quantité suffisante au cours des repas.
J’espère, monsieur le député, vous avoir convaincu que notre Fédération fait le maximum en la matière dans le cadre de ses prérogatives.
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – L’information est intéressante car, jusqu’à présent, nous n’avons pas été sensibilisés à l’hydratation des enfants. Notre attention se porte généralement sur celle des personnes âgées. Le constat de déshydratation est fréquent car le système d’alerte n’est pas suffisamment performant.
Il est intéressant de mettre aussi l’accent sur l’hydratation insuffisante des jeunes. Dans les brochures sur les comportements alimentaires sains, il faut à mon sens insister sur le fait qu’il est indispensable de boire de l’eau en suffisance.
Vous avez insisté, madame la ministre, sur la nécessité de boire de l’eau plutôt que des sodas et autres boissons très sucrées. L’alternative à ces derniers est naturellement l’eau, mais il importe d’en boire suffisamment. Je suis convaincu que cette mention figurera dans les prochaines éditions de ces brochures.