Intervention au Collège communal d'Etterbeek
Monsieur le Bourgmestre,
Le plan d'aménagement de la place Jourdan semble entrer dans une phase de finalisation. Après de très nombreuses années. Or force est de constater que de nombreux riverains et commerçants vivent cette dernière étape avec le sentiment de ne pas avoir été entendus. Personne ne remet en cause la nécessité de ce réaménagement. Mais de nombreuses questions semblent ne pas avoir été traitées.
J'en pointe trois.
La première concerne la mobilité dans le quartier européen. Lorsque, pour des raisons de sécurité liées à des événements européens, la place est en tout ou en partie fermée, toutes les rues adjacentes sont envahies. Une analyse des déplacements dans l'ensemble des rues et quartiers voisins a-t-elle été effectuée ? Et, qui plus est, lorsque la place est en tout ou en partie fermée ? A priori il y a lieu de penser que la chaussée d'Etterbeek sera plus que jamais bouchonnée.
La deuxième porte sur le parking : si les commerçants ne remettent pas en question la limitation du nombre de places de parking, le nombre de places de parking sur la place reste largement insuffisant. Rien n'est dit à propos des prix qui seront appliqués aux parkings proposés chaussée d'Etterbeek ni à propos des moyens que la commune prendra pour susciter les usagers de la place à utiliser ces parkings souterrains. Rien n'est spécifié non plus quant à l'accès du parking restant en voirie : sera-t-il accessible à tous ou seulement réservé aux habitants riverains ? D'autres villes réservent les parkings pour les habitants riverains des piétonniers.
La troisième porte sur l'envahissement non contrôlé de l'horeca. Même si ce point n'est pas directement lié au nouvel aménagement de la place, il doit être traité de façon conjointe. Lors de l'interpellation des riverains à ce propos il avait été décidé de mettre sur pied un groupe de travail entre commerçants et riverains. Où en est ce groupe de travail ?
Au delà de ces questions qui ont déjà largement été évoquées par les habitants, je me permets d'ajouter deux points. Le premier porte sur la non prise en considération de l'orientation et de l'ensoleillement. Dans le projet actuel la circulation est concentrée tout le long du côté le plus ensoleillé. Pourquoi ne pas avoir prévu un élargissement du trottoir de ce côté pour permettre un élargissement des terrasses ensoleillées ? Le second point porte sur l'abattage de tous les arbres existants le long des 2 côtés de la place. Il est question de n'en remplacer que quelques uns d'une manière anarchique. Les arbres existants sont trop près des façades, mais ne faudrait-il pas en replanter sur les 4 cotés d'une manière structurée de manière à respecter les alignements du bâti de cette place ? Il en va de même pour les luminaires.
Nous plaidons, une fois de plus, pour que l'aménagement de cette place se déroule dans le respect le plus optimal possible du principe de concertation/participation des citoyens auquel la déclaration de politique générale a fait largement état.
Je vous remercie pour votre attention.
Monsieur le Bourgmestre répond :
En ce qui concerne la mobilité dans le quartier européen les jours de sommets, elle sera toujours difficile. Dans le quartier européen, il y a des situations très contrastées. Par exemple, la circulation est fortement réduite une semaine par mois, en raison des sessions strasbourgeoises du Parlement européen. A contrario, les jours de sommets européens, c'est beaucoup plus difficile.
L'environnement urbain est dense et répondre à tous les besoins rencontrés parait impossible.
Il parait difficilement concevable de concevoir des espaces publics en fonction d'évènements exceptionnels. La seule chose qui est techniquement envisageable, c'est d'adapter les grilles de feux pour un ou deux jours, mais il est peu probable que la Région ait les moyens humains pour ce faire.
En ce qui concerne la place Jourdan même, il a déjà été indiqué aux commerçants que la
situation future leur sera plus favorable lors des sommets. En effet, les véhicules protocolaires seront admis sur la partie piétonnière de la place sous surveillance policière, tandis que les clients disposeront toujours des places de parkings souterraines et des parkings de courte durée sur la place même.
En ce qui concerne le parking, il est normal que certains détails ne soient pas indiqués dans une demande de permis d'urbanisme. Cette dernière a pour objet de juger les aménagements physiques. Les questions que vous soulevez sont pertinentes, mais toutes les décisions n'ont pas encore été prises en la matière, notamment en termes de tarification. Il est évident qu'il faudra prévoir un budget extraordinaire pour équiper le quartier avec une signalisation directionnelle bien visible et dynamique. Les emplacements de parkings sur la place seront réservés au stationnement de très courte durée (1/4 d'h + la tolérance éventuelle à définir) afin de favoriser les commerces qui dépendent en partie de la clientèle de passage.
En ce qui concerne le stationnement sur les autres voiries du quartier, la zone verte est toujours privilégiée. Cette zone sera plus favorable aux riverains, puisque l'avènement du Plan Régional de Stationnement réduira le nombre de cartes de dérogation valables dans ces zones. Si ce choix se révèle insuffisant, il sera encore possible d'étudier d'autres mesures, telles que le stationnement réservé aux seuls riverains.
En ce qui concerne les arbres, compte tenu des affichettes qui ont été illégalement apposées sur ceux-ci, nous avons distribué un toutes-boites dans le quartier pour indiquer que, si 30 platanes seront abattus, ils seront remplacés par au moins 28 nouveaux arbres répartis sur la place Jourdan et dans la rue Froissart. Qui plus est, contrairement à la situation actuelle, ces arbres pourront se développer harmonieusement et ne devront pas être taillés sévèrement tous les deux ans. Il faudra un peu de temps pour qu'ils prennent toute l'ampleur voulue, mais la place restera suffisamment végétalisée.
A titre personnel, je suis persuadé qu’il faut abattre les platanes, parce qu’ils ont été mal conçus, mal plantés et qu’ils requièrent un élagage annuel, dont les coûts sont conséquents. De plus, à défaut d’un tel élagage, les branches ont tendance à briser les vitres des fenêtres et à occulter toute la lumière.
Mes services contestent l'opportunité du choix urbanistique de respect de l'alignement des façades sur la place Jourdan. Celle-ci n'a rien d'une place à programme néo-classique qui imposerait un aménagement éponyme. L’aménagement nécessite une cohérence d'ensemble, et ne se veut clairement pas d'inspiration passéiste. Un alignement régulier d'arbres à l'ancienne n’y a donc pas sa place. Mais personnellement - et on en reparlera certainement lors de la concertation - j’approuve l’idée de replanter des arbres à basses tiges en alignement, en plus le long de la voirie ou des immeubles. Cela me paraît être une bonne solution, mais alors il faudra penser aux salissures, au type d’essence des arbres, aux problèmes des racines, aux soulèvements des trottoirs ....
En ce qui concerne le choix de la voirie à fermer, il est principalement dicté par les contraintes de mobilité. La partie basse de la place est la seule qui n'est pas fréquentée par une ligne de bus régulière, et c'est la partie qui accueille le moins de trafic. Par ailleurs, une inversion de sens unique dans la partie basse rendrait la gestion du carrefour Jourdan - Chée d'Etterbeek très compliquée, voire impossible, dès lors que la voirie devant l'hôtel est remise à double sens. De plus, les terrasses auront l’opportunité de se positionner plus vers le centre de la place pour y recevoir le soleil plus longtemps. Ce qui est l’objectif même du projet.
La transformation d’un commerce de biens ou de services en établissement dans lequel il est fait commerce de nourriture ou de boissons que l’on consomme sur place est soumise à permis d’urbanisme en Région bruxelloise. En adoptant un règlement communal d’urbanisme sur l’ouverture et l’extension de certaines activités commerciales, la Commune d’Etterbeek a renforcé cette obligation, il y a déjà plusieurs années.
En effet, ce règlement impose l’organisation de mesures particulières de publicité (enquête publique de 15 jours et commission de concertation) dans le cadre des demandes de permis d’urbanisme visant l’ouverture ou l’extension de tout établissement comportant des jeux de divertissement ou des spectacles de charme, l’ouverture ou l’extension de tout restaurant, café, dancing, salle de fête ou de spectacle, commerce de nuit.
Ce règlement précise également que les établissements précités peuvent être interdits s'ils ne sont pas compatibles avec la qualité de vie, le nature des commerces et les activités du voisinage.
Il est à noter qu'au cours des trois dernières années, seule une demande de permis d'urbanisme visant l'installation d'un nouvel Horeca sur et autour de la place Jourdan a été autorisée par le Collège. Il s'agit du commerce situé au numéro 34 de la place Jourdan (ancienne agence bancaire entre la rue Général Leman et la chaussée Saint-Pierre).
Trois dossiers de régularisation d'établissement ayant ouvert récemment sont en cours de procédure. Il s'agit d'un salon de dégustation de café place Jourdan, d'une sandwicherie rue Général Leman et d'une pizzeria Chaussée de Wavre. Ces établissements ont pris place dans des locaux qui étaient en bonne partie déjà dévolu au commerce. Deux d'entre eux ont été soumis aux mesures particulières de publicité.
Monsieur Laurent ajoute :
En ce qui concerne la mise sur pied d’un groupe de travail, elle n’a pas du tout été oubliée. La demande a effectivement été faite fin juin et c’était délicat d’intervenir pendant les vacances à cet égard, du fait que l’enquête publique a été lancée entretemps. Nous avons, dès lors, pensé qu’il était préférable de traiter le problème de tensions éventuelles entre une fonction commerciale et les habitants, après le déroulement de l’enquête publique. Le but étant d’éviter d’avoir deux discours ou en tout cas de traiter deux choses qui sont complémentaires, mais quand même différentes au même moment. Mais je confirme que l’ambition est toujours de mettre sur pied ce groupe de travail.
Le Bourgmestre répond :
Je rappelle que Monsieur De Vadder avait fait un exposé devant les habitants sur le plan de mobilité de la place Jourdan. Et il est vrai que lorsque les activités ont lieu au niveau des sommets, ce sera mieux avec la nouvelle configuration. Toutefois, il serait incorrect d’affirmer qu’il n’y aura pas de problème. Je pense que c’est ce qu’il a voulu exprimer au travers de son texte.