Question au Monsieur Jean-Marc Nollet, Ministre de l’Enfance, de la Recherche et de la Fonction publique
Monsieur le ministre,
la presse a fait grand cas ces derniers jours de la situation de la prématurité en Communauté française puisqu’elle touche quelque huit pour cent des naissances. Le constat est d’autant plus préoccupant que nous savons que le manque de suivi médical pose un problème.
La prématurité est un déterminant, entre autres, pour des complications médicales et des risques de handicap.À ce sujet, deux initiatives intéressantes ont été prises par ou avec le soutien de la Communauté française. Cap 48 a lancé un projet pilote d’accompagnement des prématurés portant sur l’année en cours. De son côté, l’ONE a deux axes de travail : la sensibilisation systématique des parents aux risques que présente la prématurité et la formation de ses travailleurs socio-médicaux à l’accompagnement des parents. Les familles ne sont pas obligées de suivre les propositions qui leur sont présentées.
La situation est suffisamment préoccupante puisqu’elle a mobilisé le corps médical, lequel demande une analyse plus systématique de la situation. En tant que ministre en charge de cette matière, envisagez-vous de vous adresser au fédéral pour qu’il prenne une initiative visant à systématiser l’accompagnement des familles et des enfants prématurés ?
M. Jean-Marc Nollet, vice-président et ministre de l’Enfance, de la Recherche et de la Fonction publique. – J’ai l’impression que M. du Bus de Warnaffe fait à la fois la question et la réponse. Mais je comprends tout à fait son intention de mettre en exergue un enjeu en matière de santé infantile pour la Communauté française.
L’essentiel de notre action se concentre effectivement autour des réalisations de l’ONE et de la recherche-action financée par l’opération Cap 48, à laquelle nous contribuons aussi. Cette recherche-action a permis de définir un protocole et un volet « action de suivi » de ces situations. Les conclusions de la recherche révèlent que, grosso-modo, les gens refusent peu d’être suivis. Il suffit parfois d’une petite démarche pour que le déclic se produise et que le suivi soit accepté par les familles prises dans le parcours d’accompagnement via les recherches-actions de Cap 48.
Vous posez la question de la généralisation, monsieur le député. Je vous rejoins lorsque vous dites que la sécurité sociale devrait relayer la recherche-action et veiller à généraliser ce type de dispositif. La ministre fédérale étant en affaires courantes, la situation est complexe, mais l’idée que la sécurité sociale poursuive l’action de Cap 48 est bien accueillie. Une année supplémentaire de recherche-action sera sans doute nécessaire, vu la situation au fédéral, mais je m’engage à ce que l’on dégage une solution avec ce dernier qui pourra, je l’espère, confirmer structurellement ce que nous souhaitons tous deux.
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Je note votre engagement avec toute votre équipe, monsieur le ministre. Je rappelle qu’il existe une structure, à savoir la conférence interministérielle, où vous pouvez faire valoir cet enjeu et le rappeler autant de fois que nécessaire.