Madame, Monsieur,
chers Collègues et Collaborateurs parlementaires,
Chers Amis,
Je vous souhaite la bienvenue à ce premier symposium sur les médicaments biosimilaires. Je vous remercie pour l'intérêt que vous portez à cette initiative Parlementaire, des Membres de la Chambre et du Sénat. Votre participation est hautement appréciée et sera, sans aucun doute, gage de la réussite de ce symposium.
Nous savons que les produits biologiques ou biopharmaceutiques sont disponibles depuis plus de 20 ans. Il s’agit notamment des hormones de croissance, les insulines, les immunodilatateurs (Bêta interféron), les anticorps monoclonaux (cancer et maladies auto-immunes), les facteurs de coagulations, des vaccins, anti-TNFalpha (arthrite rhumatoïde), …
En regard de ces produits biologiques originaux, l'émergence des médicaments biosimilaires dans notre pays est encore trop confidentielle. Même si elle est une réalité depuis 2006.
Aujourd’hui, seuls quelques médicaments biosimilaires sont disponibles sur le marché européen : l'érythropoïétine dans le traitement de l’anémie, e.a pour les patients en dialyse, le filgrastim pour la neutropénie, entre autres comme adjuvant dans le traitement des cancers et la somatropine qui est l’hormone de croissance. Deux de ces trois produits biotechnologiques (érythropoïétine, filgrastim) sont principalement délivrés en milieu hospitalier, soit intra, soit extra muros (en hôpital de jour). L’hormone de croissance (somatropine) est principalement délivrée en officine publique.
Toutefois, d'ici peu, la situation pourrait se modifier radicalement, de nombreuses molécules biologiques originales perdant leur brevet.
L'arrivée des biosimilaires est souvent présentée comme « la prochaine grande opportunité », « de marché prometteur », leur apparition étant qualifiée de « 3ième grande révolution de l'industrie biopharmaceutique », la 1ière étant celle des biomédicaments, la 2ième, celle des génériques.
Ces nouveaux médicaments pourront-ils pour autant représenter une opportunité sociale pour les patients et un intérêt économique pour l'assurance maladie ? Telle est la question à laquelle nous essaierons de répondre au cours de cette journée. Je rappelle qu'une grande partie des dépenses du budget des soins de santé concernent les médicaments biologiques. C'est dire l'enjeu des biosimilaires.
Il convient de souligner que cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la Conférence interministérielle « Innovation et Solidarité » organisée lors de la Présidence belge du Conseil de l’Union européenne, en septembre 2010, et de l’initiative, lancée à cette occasion par le Commissaire européen A. Tajani, d’un rapport sur l’accès au marché européen pour les médicaments biosimilaires
Je tiens à rappeler également les engagements politiques qui ont été pris :
Ainsi, le 17 octobre 2010, le Conseil général de l’INAMI demandait qu’un système soit développé pour garantir une utilisation accrue des médicaments biosimilaires ;
Dans la déclaration gouvernementale du 1er décembre 2011, on réfère pour la première fois explicitement aux médicaments biosimilaires parmi les médicaments dont « il faut augmenter l’utilisation, tant à l’hôpital qu’en milieu ambulatoire ».
Dans sa déclaration de politique générale du 20 décembre 2011, la Ministre de la Santé publique et des Affaires sociales confirmait que « différentes techniques de forfaitarisation seraient mises en place dans les hôpitaux pour la classe des EPO » (l’un des trois médicaments biosimilaires disponibles en Belgique).
Plus récemment, certaines mesures ont été prises par la Ministre des Affaires sociales, Mme Onkelinx. Madame Hendrickx va les évoquer dans quelques instants.
L'intérêt des Parlementaires s'est également manifesté à différentes occasions ( projets du Gouvernement ) et sous différentes formes ( demandes d'explications ), notre Collègue Josy Arens étant intervenu dès janvier 2009.
Par ailleurs, un rapport du Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE) sur les médicaments biosimilaires est attendu en mars 2013.
Compte tenu de l'évolution attendue dans le domaine des biomédicaments, il nous a semblé indispensable d'avoir un échange de vues avec tous les acteurs concernés car, pour nous Parlementaires, il est primordial de disposer d'une information de qualité et la plus exhaustive possible ; Nous serons donc à l'écoute des messages contenus dans vos présentations et dans vos interventions lors du panel: c' est l'objectif de ce premier symposium.
Par ailleurs, une proposition de résolution sera déposée prochainement, à l'initiative, je l'espère, des différents groupes parlementaires, Chambre et Sénat.
Les présentations seront consultables sur le site du symposium : www.sympobiosimilars.be
Il m'a été raconté que lors du premier symposium, tenu en ces lieux, sur les génériques, un Parlementaire avait conclu en fin de journée comme ceci : « avant la réunion, je savais à peu près ce qu'était un générique, mais en fin de journée, je ne savais plus très bien ce qu'était un générique ». C'est ce que je ne souhaite évidemment pas à l' issue de cette journée.
Par contre, j'espère que l'intérêt que vous avez manifesté pour cette initiative se transforme en une plus-value pour chacun d'entre nous, et plus particulièrement, que nous ayons, au niveau politique, une perception plus globale, plus précise qui nous rende plus attentifs aux défis que représentent les biomédicaments et leurs biosimilaires pour les Firmes pharmaceutiques et aux enjeux pour les patients et le budget des soins de santé.
La journée se déroulera comme suit :
Une introduction
une présentation de Mme Hendrickx qui évoquera les mesures d'incitation à la prescription des médicaments biosimilaires, prises récemment par Mme Onkelinx
Trois sessions :
1) de la recherche & développement à l'enregistrement, session présidée par Mr Xavier Decuyper, Administrateur général de l'Agence des Médicaments, et moi-même
2) l' accès des biosimilaires dans l'Union européenne, session présidée par le Dr Katelijne De Nys , présidente de la Commission de Remboursement des Médicaments et Mme Thérèse Snoy, Députée
3) le point de vue des utilisateurs ainsi que le panel, session présidée par Mme Maria Isabel Farfan-Portet, expert du Kennis Centrum et le Prof Jacques Brotchi, Sénateur
Les conclusions du Pr. Bruno Flamion
Réception à laquelle vous êtes invités cordialement.
Je souhaite, d'ores et déjà, remercier les services de la Chambre ainsi que les interprètes qui vont nous accompagner tout au long de la journée.
Je vous souhaite une excellente journée.
André du Bus