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Vote de la résolution relative à l’incompatibilité entre les messages de prévention de la Communauté française contre les assuétudes et les pratiques commerciales en matière d’alcool

Soumis par andredubus le

Intervention lors du vote en séance plénière de la Résolution relative à l’incompatibilité entre les messages de prévention de la Communauté française contre les assuétudes et les pratiques commerciales en matière d’alcool

Mesdames, Messieurs,

Sur la forme il me revient d’abord d’adresser mes remerciements à tous les collègues parlementaires, au-delà des clivages majorité et opposition, pour la qualité du travail qui a été mené, tant durant les phases de préparation qu’en commission. Et je tiens à saluer tout particulièrement la correction de l’attitude du MR qui a mis entre parenthèse sa résolution afin de donner plus de corps, plus de force à un texte qui a fait l’unanimité en commission.

Mes remerciements s’adressent également aux différents acteurs associatifs qui nous ont particulièrement soutenus dans ce travail de réflexion. Un travail de collaboration qui, il faut le reconnaître, a connu un coup d’accélérateur lors des tables rondes sur les assuétudes initiées ici même en mai dernier par la ministre de la santé.

Sur le fond et sans retracer l’ensemble du débat et des enjeux excellemment synthétisés par notre collègue Pary-Mille dans son rapport, ce texte vient mettre un point d’orgue à une série impressionnantes de questions et d’interpellations sur le sujet depuis plusieurs années. Le point fort de la résolution tient principalement dans le fait qu’il s’appuie et renforce les compétences de la communauté française en matière de prévention et de promotion de la santé. S’il fallait identifier un mot, un concept qui permet de qualifier et de résumer le dispositif de la résolution, j’utiliserais le terme de « cohérence » : cohérence entre les acteurs, cohérences entre les paroles et les actes, et cohérence institutionnelle.

Car enfin, que demande-t-on ?

  • De généraliser et systématiser l’offre d’eau potable et d’en garantir l’accessibilité dans tous les espaces relevant de la Communauté française. C’est une demande de tous les acteurs de la prévention.
  • De lier l’octroi des subsides à des événements culturels au refus des pratiques encourageant la consommation débridée d’alcool. Je pense aux  formules du forfait ou encore de la distribution gratuite de boissons alcoolisées. C'est une demande soutenue par les organisateurs d'événements.
  • De renforcer toutes les stratégies de formation et de sensibilisation à l’égard des multiples acteurs et intervenants (enseignants, éducateurs, responsables de jeunes) qui dépendent de la communauté française.
  • D’appliquer la législation sur le bien-être au travail dans toute sa dimension préventive à l’égard de l’alcool au boulot.
  • De trouver de nouveaux moyens financiers destinés aux campagnes de promotion de la santé.
  • De relayer auprès du niveau fédéral une double préoccupation : créer un Conseil fédéral de la publicité qui tranche avec un JEP devenu totalement inefficace et obsolète, et d’entamer des débats visant à mieux réguler toutes les formes de publicités et d’étudier les enjeux liés à une interdiction de la publicité pour l’alcool.
  • Et, in fine, de bénéficier régulièrement des rapports établis par la cellule « Santé-drogue »

90% du texte de la résolution porte donc directement sur les compétences communautaires.Bien entendu, nous ne sommes ni sourds, ni aveugles, nous avons tous reçu et lu le courrier de la Fédération des Brasseurs belges dénonçant vivement notre initiative et réclamant sa part au débat.

Ne nous trompons cependant pas d’enceinte.

Ce n’est pas au niveau de la Communauté française qu’il revient d’entamer les débats à l’égard de la publicité. C’est au niveau fédéral. Et je ne doute pas un instant qu’une large concertation sera entamée lors de l’examen des propositions de loi qui porteront sur la régulation de la publicité pour l’alcool. Et j’ose espérer que, en l’occurrence, la Fédération des Brasseurs convaincra l’ensemble de ses collègues d’adopter des attitudes responsables en matière de pratiques commerciales.

Ceci étant nous sommes ouverts à toute collaboration qui nous permettrait d'aller plus en avant dans la lutte contre les excès ou abus de consommation qui conduisent au binge drinking, au coma éthylique et à la banalisation de la consommation d'alcool. Mais nous demanderons à chacune et chacun de poser des gestes concrets et forts manifestant cette volonté.

Enfin, je dirai que l’alcool, tout comme la publicité, n’est pas un problème en soi. Au contraire. L’un comme l’autre sont source de plaisir, de créativité et de communication. Le problème réside dans les abus et les dérives. C’est de notre responsabilité de politique de les dénoncer et des les combattre. Tout comme il est de notre responsabilité de renforcer la cohérence des missions de prévention en Communauté française. C’est ce à quoi nous oeuvrons aujourd’hui et je vous en remercie vivement.

André du Bus
Le 26 janvier 2011

Commentaires

La Jupiler League devrient-à-donc la Hallal League. L'islamisation par la laïcité c'est très fort, merci pour tout.

Perso je n'ai rien contre les musulmans, je me définis moi-même comme judéo-musulmano-chrétien, d'autant que moi au moins je sais que beaucoup de musulmans sincères boivent... des alcools!

A l'heure où il est permis de boire et de publiciter la consommation d'alcool au Maroc et en Cisjordanie (Palestine légitime), je pense que la Belgique fait là un grand recul en arrière qui ne peut mener que vers une prohibition et la renaissance ici en Europe d'une Maffia de l'alcool avec tous les meurtres et scandales politico-financiers que cela suppose.

Je noterai enfin que le cher échevin PS (et le PS a voté la résolution ici mentionnée) qui dans la région de Mons avait pris sa voiture avec au moins 1 gramme 5 d'alcool et avait tué un cycliste ne s'est vu condamner qu'au sursis! Pour tout autre citoyen cela aurait été la prison direct et recta!

jeu, 27 Jan 2011 - 05:20 Permalien