Intervention en séance plénière du Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles
Avant d’en venir au budget en tant que tel, je souhaite attirer votre attention sur le fait que le secteur de l’Aide à la jeunesse concentre de nombreux enjeux et défis pour les années à venir. Je pense à la prévention qu’il convient de développer de plus en plus, à une prise en charge mieux adaptée aux difficultés que vivent les jeunes et, enfin, au transfert de compétences important qui signe une réelle opportunité pour vous et nous, celle de réussir une politique d’aide à la jeunesse ambitieuse et à la hauteur des enjeux.
Dans le budget 2015, nous constatons avec satisfaction que le budget alloué à ce secteur est largement préservé. Malgré un contexte budgétaire difficile, on ne parle pas de coupe sombre, ce qui est une excellente chose. Rappelons que derrière ce budget, se cache une réalité sociale importante. En effet, environ 40 000 jeunes sont chaque année pris en charge au moins un jour par le secteur de l’Aide à la jeunesse. Il s’agit de jeunes maltraités, de jeunes déscolarisés, de jeunes déstructurés, de jeunes en danger.
En commission, notre groupe a profité des débats pour insister à nouveau sur la nécessité de décloisonner plus que jamais les politiques. Je fais référence ici au débat récent sur les jeunes « incasables » qui, se trouvant à la frontière des secteurs du handicap mental, de la santé mentale ou de l’Aide à la jeunesse, sont ballottés de l’un à l’autre et ne bénéficient pas d’une prise en charge vraiment adaptée. Nous sommes rassurés de vous savoir conscient de cet enjeu.
Outre la nécessité de développer une prévention générale efficace, notre groupe a également relevé, dans ce budget 2015, le développement de vos stratégies en termes de structures et places d’accueil, même si nous préférons plutôt parler de prises en charge. À ce titre, notre groupe a rappelé son attachement aux familles d’accueil, un type d’accueil que le cdH soutient largement. Les expériences ont montré que cette forme d’accueil répond aux besoins des jeunes pris en charge et apporte une dimension humaine, affective, psychologique. C’est donc avec soulagement que nous constatons le maintien de ces budgets et votre volonté de renforcer les campagnes de recrutement des familles d’accueil en réponse à une demande croissante. Je fais référence à un article publié aujourd’hui dans La Libre Belgique et initié par l’appel de deux asbl qui demandent un relèvement du nombre de familles d’accueil d’environ deux cents. Elles vous ont remis récemment leur mémorandum.
Ces familles d'accueil ne jouissant pas de l'autorité parentale, elles proposent, pour les placements de plus de six mois, que les parents d'accueil puissent prendre certaines décisions avec l'accord de ceux qui détiennent cette autorité.
Je voudrais également parler du centre fermé pour jeunes de Saint-Hubert. Voici quelques jours, il a encore fait parler de lui puisque son personnel a lancé une grève limitée dans le temps pour vous rappeler la nécessité de prendre en considération sa situation. Nous savons toutefois que, depuis plusieurs mois, vous avez fait un travail de terrain et vous avez démontré que vous avez bien pris la mesure des attentes du personnel concerné par les transferts.
Il a été longuement question du transfert des maisons de justice. Vous bénéficiez à cet égard des hautes compétences des fonctionnaires fédéraux. Ils sont tout disposés à travailler avec vous la main dans la main. Les conditions sont dès lors optimales pour relever ce défi.
Nous avons souligné l'importance du soutien à la parentalité et de l'accompagnement des familles afin de répondre à leur désarroi et d'aider les jeunes dans leur environnement familial et social.