Question orale d’André du Bus à Fadila LAANAN, Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’égalité des chances concernant : l’activité physique « contre » la maladie chronique !
cialis onlinealign: justify;">Madame la Ministre,
Régulièrement, vous êtes interrogée dans cette assemblée sur l’importance de favoriser une activité physique pour promouvoir la santé. Le plan attitudes saines, développé par la FWB, a d’ailleurs notamment l’objectif de conscientiser les jeunes générations à l’importance de la pratique régulière d’une activité sportive.
Ma question actuelle s’oriente vers une autre population déterminée, les personnes souffrant ou étant plus susceptibles de développer une maladie chronique ou de longue durée. En effet, il a été prouvé qu’en cas d’accident vasculaire cérébral, de cancer, de maladie d’Alzheimer ou encore par exemple de diabète, le sport prévient et diminue le risque de rechute de la maladie.
Une étude récente réalisée en Suède par l’Institut Karolinska relayée dans un magazine sportif français, a d’ailleurs pu mettre en évidence que la pratique d’un exercice physique intense, avant même qu’elle soit répétée dans le temps, modifierait la structure de l’ADN. Les gènes du métabolisme s’exprimeraient davantage entraînant des bénéfices considérables pour la santé, notamment pour les personnes diabétiques.
Au-delà de la réflexion pertinente à mener sur le remboursement de l’activité physique pour personnes touchées par une maladie chronique, qui n’est pas de votre ressort mais de celui du fédéral, c’est toute la dimension de la bonne information du public présentant un risque d’affection chronique qui pourrait-être renforcée au niveau de la FWB.
Étant donné, Madame la Ministre, que l’activité sportive, même si elle ne doit pas verser dans de la bigorexie (qui est une dépendance excessive à l’activité physique), permet incontestablement de contenir les effets de certaines pathologies chroniques, voici mes questions :
A l’instar des activités sportives organisées par certaines mutuelles pour tout public à risque, des initiatives de la sorte existent-t-elles au sein de la FWB faisant le lien entre activité physique et prévention de maladies chroniques?
Ne serait-il pas pertinent de développer, dans le cadre des démarches de la FWB, une campagne d’information et de sensibilisation au bienfait du sport en cas de risque de maladie ou d’une maladie chronique avérée ?
Une concertation avec vos homologues des régions et du fédéral ne pourrait-t-elle pas être menée pour garantir plus de synergies dans les actions à proposer en terme d’activités physique pour, notamment prévenir et maîtriser ces pathologies de longue durée?
Je vous remercie pour les réponses que vous pourrez m’apporter.
Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Les médecins généralistes ainsi que les spécialistes, notamment les diabétologues, les cancérologues, les cardiologues et même les neurologues, soulignent déjà que la pratique régulière d’une activité physique adaptée et surveillée est bénéfique pour l’état général du patient et pour le traitement de sa pathologie.
Dans la plupart des centres hospitaliers et des maisons médicales, des activités physiques sont organisées, comme la kinésithérapie, la gymnastique douce, des activités collectives de marche à pied, de vélo ou de natation. De manière générale, l’Adeps ainsi que les communes organisent beaucoup d’activités sportives parascolaires pour les jeunes et des ateliers de gymnastique ou d’aquagym pour les personnes âgées. Ces ateliers visent à favoriser la mobilité, la prévention des accidents domestiques, la santé cardiaque, la prévention de l’obésité et du diabète de type 2, mais aussi l’entretien de la mémoire spatio-temporelle.
Pour votre information, ma collègue du gouvernement fédéral, Laurette Onkelinx, a intégré la dimension de l’activité physique dans ses plans « cancer et maladies chroniques ». En outre, elle finance une étude universitaire sur l’amélioration de la qualité de vie et la réintégration des femmes atteintes d’un cancer du sein traitées par un adjuvant, au moyen d’un entraînement physique et de la gestion de leur style de vie. Un des objectifs de cette recherche en cours est d’analyser les coûts et les bénéfices d’un tel programme de rééducation standardisé.
La Fédération Wallonie-Bruxelles ne soutient pas de projet d’activités physiques dont le but serait de prévenir spécifiquement les maladies chroniques.
Dans le cadre de mes compétences, il ne me paraît pas opportun de lancer une campagne de sensibilisation spécifique de promotion des bienfaits du sport pour les personnes qui présentent des risques de maladies chroniques ou qui en sont atteintes. Au contraire, pour ces personnes, il convient d’examiner au cas par cas, dans le cadre d’une consultation médicale individuelle, l’opportunité et la plus-value apportée par une activité physique en fonction de la pathologie ou des facteurs de risque.
En matière de promotion de la santé, nous encourageons les personnes de tous les âges à pratiquer une activité physique régulière. Par le biais de l’appel à projets communaux de santé, j’incite les communes à développer des activités physiques de ce type pour leurs habitants. Je rappelle également que l’asbl « Educasanté », organisme de promotion de la santé, réalise un travail de prévention des accidents domestiques chez les personnes âgées et préconise notamment la pratique régulière d’une activité physique.
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Je connais évidemment ces différentes initiatives. L’intérêt des recherches actuelles est qu’elles tentent d’identifier les mécanismes génétiques et cellulaires qui expliquent en quoi l’activité physique et les modifications d’habitudes de vie ont une incidence sur la santé. Le message est intéressant et diverge de celui qui se contente de vanter les bénéfices du sport pour la santé et qui est déjà bien connu.
Il est en effet intéressant de savoir comment l’activité physique peut être utile dans la prévention de certains cancers. Un récent article scientifique illustrait l’explication de cette corrélation.
En effet, dans les cas de cancers du sein, du gros intestin et de leucémie, il semble qu’il y ait une corrélation entre l’expression génétique de certaines protéines protégeant du cancer et le style de vie, ce qui engendre des transformations cellulaires visibles.
Ce type d’information pourrait davantage conscientiser la population. Savoir que nous pouvons agir sur nos cellules et nos gènes est important. C’est sans doute un message plus mobilisateur que l’ancien slogan « bougez-vous ! ».
Commentaires
Excellente interpellation. Il me semble indispensable d'assortir les campagnes d'incitation au sport d'une information claire et accessible sur les bienfaits du sport pour tous et en particulier en cas de maladie chronique.