Interpellation adressée à Madame Huytebroeck, Ministre de l'environnement
André du Bus - Madame la Ministre,
La berce du Caucase est la plus grande des ombellifères d'Europe appréciée pour ses qualités ornementales. Elle peut atteindre des tailles impressionnantes : jusqu’à 5 mètres de haut et les feuilles peuvent atteindre 3 mètres de large. Mais c’est une espèce exotique très invasive : un pied peut former jusqu’à 8.000 fleurs qui donnent naissance au double de graines [le fruit d'une fleur d'Apiacée est un schizocarpe ou diakène, présentant donc deux graines].
Au départ d’un seul pied, la plante est capable de couvrir un large territoire perturbant l’équilibre naturel. Cette plante représente ainsi un problème pour la flore et la faune indigènes.
Cette espèce pose également un grave problème sanitaire : toute la plante contient des substances toxiques qui sont activées par la lumière solaire et rendent la peau très sensible à l'action du soleil. Après un contact avec le suc de la plante et sous l’effet de l’exposition au soleil, des lésions de la peau se développent en quelques jours. La peau devient rouge, gonflée, et des grandes cloques mettent un à deux jours à apparaître. Les lésions ont l'aspect d'une brûlure qui peut être grave voire exceptionnellement mortelle.
La presse a récemment relaté les problèmes liés à la présence et l’extension de la berce du Caucase sur le territoire de la ville de Bruxelles (plateau du Heysel et à Haren).
J’aimerais savoir ce qu’il en est sur l’ensemble du territoire régional : d’autres communes sont-elles touchées et à quelle proportion ?
Y a-t-il eu des cas de brûlures liés au contact avec la berce du Caucase ?
Quelles sont les mesures prises par Bruxelles-Environnement pour informer les communes de la présence de cette plante et comment BE a-t-il épaulé les communes pour tenter d'éradiquer la plante ? et quels sont les résultats ?
Qu’est-il prévu pour le futur ?
Je vous remercie pour vos réponses.
La Ministre - Monsieur le député,
L'extension des peuplements de Berce du Caucase en Région de Bruxelles-Capitale est encore relativement limitée. Outre les endroits que vous citez au Plateau du Heysel et à Haren, il existe des foyers d'infestation à Evere, Ganshoren, Jette, Watermael-Boitsfort et sur le talus de chemin de fer au quartier Léopold. Il existe aussi de petites populations ou individus isolés ça et là.
L'espèce est également très présente dans la périphérie bruxelloise en Région flamande, au niveau de certains échangeurs routiers liés au Ring - E40, le long du RING entre Vilvoorde et Zaventem et le long de le E19 au niveau de Ruisbroek et de Beersel. Ces foyers doivent être surveillés car ils peuvent constituer la base pour la colonisation de nouveaux sites liés aux infrastructures de transport.
Vu la localisation des foyers actuels dans des endroits souvent peu ou pas accessibles, les cas de brûlures que vous évoquez, restent peu fréquents. Mais cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de risque.
Bruxelles-Environnement a dressé un inventaire des foyers d'infestation, via des conventions avec les institutions scientifiques et des subventions aux ONG. Ces inventaires sont réalisés dans le cadre du monitoring des espèces végétales présentes dans la Région.
Bruxelles-Environnement a également mis en place un dispositif de détection rapide de nouveaux foyers par un système de communication via le site web mis en places avec les autres régions, dans le cadre du monitoring des espèces. Dès que de nouveaux foyers sont identifiés, Bruxelles-Environnement intervient rapidement sur les sites qu'elle gère.
Bruxelles-Environnement procède aussi à l'arrachage ou au fauchage avant floraison des populations qui sont présentes dans les espaces gérés par Bruxelles-Environnement et procède ensuite à un suivi régulier de ces sites pour intervenir dès les premiers signes de reprise des populations.
On constate que les populations de berce du Caucase sont en diminution au niveau des sites gérés par Bruxelles-Environnement.
Par ailleurs, je tiens à vous rappeler, qu'avec la nouvelle ordonnance Nature qui a été adoptée le 1er mars 2012, il est désormais interdit de commercialiser et d'introduire l'espèce en Région bruxelloise.
Bruxelles-Environnement a également pris des mesures pour informer et former les gestionnaires d'espaces publics. Ainsi, Bruxelles-Environnement a organisé des formations à la reconnaissance et à la gestion des espèces végétales invasives. Ces formations sont organisées pour le personnel de Bruxelles-Environnement et sont accessibles au personnel des institutions publiques qui en font la demande.
Bruxelles-Environnement a également organisé des actions de sensibilisation des professionnels du secteur à la problématique des plantes invasives. Ces actions de sensibilisation ont été réalisées avec les soutien de la Commission européenne dans le cadre du projet AlterIAS financé par le programme LIFE+.
Enfin, des informations sont également disponibles sur le site internet de Bruxelles-Environnement.
La sensibilisation des acteurs commence à porter ses fruits et notamment au niveau des communes.
Des progrès ont donc été accomplis et se poursuivent mais il sera nécessaire de poursuivre ces actions de monitoring, de sensibilisation et de gestion pendant encore plusieurs années pour éliminer les populations existantes et prévenir l'apparition de nouveaux foyers.
André du Bus - Je constate que le résultat d'une gestion planifiée porte ses fruits puisque l'administration observe une régression de la population dans les sites qu'elle gère. La présence de la Berce relève d'une question de santé publique. Je plaide donc pour que la lutte contre son extension soit menée de front avec la participation des citoyens. Ce qui implique que la population soit davantage informée non seulement au problème de l'érosion de notre biodiversité, mais avant tout au risque pour la santé que peut présenter le contact avec la plante.
Commentaires
Bonjour, je réside dans le haut Var près de La Martre à 1000m. Je constate un décalage avec la réponse de Mme le Ministre car cette plante envahit la commune (et mon jardin) et j'ai effectivement une petite brulure sur la main. De plus les habitants la trouve jolie !
Que faire, qui puis-je avertir ?
Voilà un article sur lequel je suis tombée aujourd'hui : http://www.ouest-france.fr/lhistoire-en-jardinant-elle-est-grievement-b…
Apparemment le territoire de cette plante s'étend...