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Euthanasie : des inconnues et des incertitudes

Soumis par andredubus le

Intervention au Sénat

Madame la Présidente, Monsieur le Président, Chers Collègues,

Faisant suite à notre demande, la commission a reçu la semaine dernière la contribution de deux experts qui ont pu prendre connaissance et réagir à la proposition de loi actuellement en discussion.

Je souhaiterais vous faire part de notre réaction à la réflexion du Pr Luc Roegiers, qui dans une note d'une haute valeur, brillamment synthétisée, est parvenu à rassembler en deux pages les nombreux enjeux liés à la place, nouvelle, du « psy » dans la formule avancée par nos collègues.

Pour mémoire, la proposition précise que le médecin confronté à une demande d'euthanasie émanant d'un mineur non émancipé doit consulter un pédopsychiatre ou un psychologue, en précisant les raisons de sa consultation. Le spécialiste consulté prend connaissance du dossier médical, examine le patient, s'assure de la capacité de discernement du mineur, et l'atteste par écrit.

Que nous dit le Pr Roegiers ? D'abord que la situation d'un jeune face à une fin de vie qui semble inéluctable soulève des questions d'une toute autre nature que celles posées par l'adulte qui se retrouve dans une situation à priori comparable. Et, par là, bouscule nos repères fondamentaux, en faisant émerger des sentiments d'étrangeté.

J'utilise à dessein le terme « étrangeté » car il porte en lui ce qui ne nous est pas commun, ce que nous ne partageons pas « naturellement », ce qui ne nous est pas familier, ce qui chamboule notre entendement des choses.

D'abord il s'agit de la mort, et de la mort qui touche un enfant dont on ne peut accepter, comme le dit le Pr Roegiers, que sa vie soit déjà accomplie. Nous savons que sur l'échelle des événements dont la charge psychique est la plus lourde, l'échelle des événements qui marquent le plus l'individu, la mort d'un enfant est l'événement le plus marquant, le plus lourd que des parents ont à vivre. Bien avant la perte du conjoint. Alors, si la mort d'un enfant reste bouleversante, celle de l'enfant qui demande à mourir sort totalement de notre cadre de référence.

C'est dans ce contexte d'une fin proche, que l'on sent, qui est sentie par l'enfant aussi, que la place des parents, de l'entourage familial, prend une dimension hors du commun. Et nécessite de la part de chacun de puiser dans des ressources souvent inexplorées. Comme le racontait la responsable d'un service d'accompagnement scolaire à l'hôpital : l'enfant sait et sent qu'il va partir. Il s'organise en conséquence, on voit ainsi des enfants répartir leurs jouets auprès de leurs frères et soeurs. Notre travail consiste à lui permettre de vivre au mieux ses dernières semaines, ses derniers jours. Car ces enfants ont la conscience d'avoir encore de bons moments à partager.

Je reprends volontairement les propos de ce paramédical, car il résume le sens du travail fourni par les équipes soignantes et accompagnantes, un travail sous-tendu par la volonté d'assurer une qualité de vie, jusqu'au bout. Et donc, la demande de fin de vie, une demande formulée, annoncée, assumée, renvoie les équipes médicales et paramédicales à leurs propres limites. Bien sûr, chacun sait que la médecine n'est pas toute puissante, mais ce qui caractérise tous les services de pédiatries, tous les services qui se sont spécialisés dans l'accueil des jeunes, c'est avant tout un combat pour la vie.

Le Pr Roegiers met également en avant le caractère exceptionnel, parce que rare, de ces situations. Nous le savons, aux Pays-Bas, les cas d'euthanasie des mineurs se comptent sur les doigts d'une seule main. Qu'en est-il réellement chez nous, en Belgique ? Bien sûr, nous avons entendu le Dr Biarent nous dire que des demandes existent. Mais nous avons aussi rencontré les responsables de services d'hémato-oncologie pour enfants, qui comptent plus de 80 enfants traités par an, dont beaucoup connaissent une issue fatale. Leurs propos étaient très clairs : ils n'ont jamais été confrontés à une demande d'euthanasie de mineurs. Ce constat s'est trouvé conforté par d'autres autorités auditionnées ici lors de nos travaux. Dois-je rappeler que le nombre de demande d'euthanasie provenant de jeunes entre 18 et 22 ans est proche de zéro. Nous le lisons aujourd'hui dans la presse, le nombre de situations à rencontrer demain seraient, et je dis bien « seraient », de l'ordre d'une dizaine de demandes par an.

Tous les éléments convergent donc pour affirmer une réalité : la demande d'euthanasie formulée par un mineur relève de l'exceptionnel. Je constate qu'elle représente une rupture abrupte - je parlerais même d'une rupture anthropologique -, une rupture qui nous force à imaginer de nouveaux repères.

Et la loi est là comme fondatrice de ces repères.

La question reste posée de savoir si la proposition de loi sur la table est fondatrice de ces nouveaux repères. Au fil de l'évolution des travaux en commission et de notre analyse de cette proposition de loi, nous le pensons de moins en moins.

Ceci étant, je ne suis pas sourd, nous ne sommes pas frappés d'autisme, nous réfugiant dans une bulle insensible aux interrogations légitimes. J'entends bien ceux qui renvoient la question : que faire quand la souffrance devient à ce point insupportable qu'elle ne parvient plus à donner un sens à la vie ?

C'est une vraie question. Elle témoigne d'un souci d'humanité partagé par tous. Nous affirmons que la souffrance liée à la maladie n'est justifiée par rien ni personne. Nous affirmons qu'elle doit être combattue jusqu'au bout. Et qu'il existe aujourd'hui des solutions sédatives puissantes. Des solutions dont on sait également, qu'une fois administrées à une dose plus forte, elles engendrent le décès. Mais est-ce bien de cela que l'on parle ? Quel médecin, aujourd'hui, risque d'être poursuivi parce que la dose de sédatifs qu'il administre pour combattre la douleur entraîne le décès ? Ou, pour être plus précis encore, parce qu'il administre une dose de sédatifs qui entraînera le décès, car la situation l'exige ?

Le Pr Roegiers, qui par ailleurs est également médecin, n'utilise pas le terme de souffrance dans sa note. Il parle de « détresse inapaisable ». La détresse est autre chose que la souffrance : elle véhicule un sentiment d'abandon et un appel au secours. Elle évoque la solitude de l'enfant dans un appel qui n'est pas, qui n'est plus entendu. Le terme « inapaisable » renvoie à la fois au vécu de l'enfant et aux limites de l'entourage familial et médical qui ne parvient pas à répondre à l'appel à l'aide de l'enfant.

Cette expression « détresse inapaisable » est donc très forte. Elle appelle une réponse à la hauteur de la gravité de la situation.

Je note que le Pr ne se positionne pas en affirmant que la réponse peut ou ne peut pas être de l'ordre de l'euthanasie. Il dit que le caractère fortement chargé de ces situations impose la plus grande prudence et en aucun cas un regard unilatéral.

En faisant référence à la loyauté familiale, il affirme qu'il est probablement illusoire de sonder le fond des motivations du jeune qui formule une demande d'euthanasie. Ce concept de loyauté familiale renvoie au syndrome de l'éponge que nous avions déjà évoqué en juin dernier, lorsque de nombreux acteurs médicaux et paramédicaux avaient partagé l'idée que le jeune est parfois aussi une « éponge » à l'égard de son entourage. Un entourage la plupart du temps en grande souffrance. Une souffrance que le jeune ressent et dont il veut soulager ses parents. J'ajoutais que cette situation est de nature à précipiter, voire hâter une demande d'euthanasie qui prendrait les atours d'une délivrance généralisée, voire d'une volonté de mettre un terme à un sentiment de culpabilité devenu invivable.

La note attire notre attention sur les effets pervers d'une décision qui répondrait à l'application d'une stricte procédure. Comme si, dans cette matière aussi sensible et complexe, le fait de se conformer au prescrit légal pouvait se conclure par le sentiment d'une mission accomplie, sans n'avoir plus de question à se poser. Nous touchons ici aux risques et aux limites d'une législation qui a pour ambition de codifier les conditions objectives de l'euthanasie des mineurs.

Le document se poursuit par un focus sur les limites du psychologue qui serait considéré comme l'expert à même d'objectiver ce qui reste avant tout subjectif. La question est posée de savoir si le psychologue bénéficie des formations adéquates pour répondre à cette mission. Le Pr Roegiers énumère une liste de compétences complémentaires dont chaque psychologue confronté à une demande d'euthanasie et qui serait chargé d'évaluer la capacité de discernement devrait se parer.

Autre enjeu très important auquel nous convoque la note : qu'en est-il de l'effet auprès du mineur d'une évaluation par un tiers ? A supposer que l'évaluation aboutisse à un rapport négatif, quel est le message qui sera alors délivré au jeune ?

Je rappelle que la proposition de loi précise que le médecin traitant informe le patient et ses responsables légaux du résultat de ces consultations.

Que dira le médecin au mineur non émancipé en cas de rapport négatif? Que le rapport conclut au fait que le mineur n'est pas doté de la capacité de discernement ? Que sa demande ne peut pas être rencontrée ? Du moins pas dans les circonstances actuelles ? Qu'elle n'est pas suffisamment fondée ? Qu'elle est confuse ? Qu'elle masque une autre demande ? Que ce n'est pas possible actuellement ? Que c'est trop tôt ? Qu'on verra comment évolue la situation ?

J'ignore vraiment ce qu'un médecin peut dire à un jeune qui demande l'euthanasie, qui fait alors l'objet d'un examen par un pédopsychiatre ou un psychologue. Et cet examen produit un rapport qui doit être communiqué au jeune et à ses parents.

Je répète la question : qu'en est-il lorsque ce rapport est négatif ? Quel sera l'impact de ce message auprès du jeune ? En termes d'image de soi, de confiance en soi, d'estime de soi, alors qu'il se trouve déjà confronté à un vécu douloureux voire destructeur?

Par ailleurs, je n'imagine pas non plus que cette évaluation soit réalisée sans que le mineur ne s'en rende compte ou n'en soit pas informé. Ce serait d'ailleurs contraire à la proposition de loi.

Je repose la question : est-il réaliste, face à un mineur non émancipé, qui se trouve dans une situation médicale sans issue et fait état d'une souffrance physique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable – je ne fais que citer les termes de la proposition de loi!- est-il donc réaliste de revenir vers lui en lui disant : Non, le rapport dit que tu n'est pas dans les conditions de discernement pour décider de ta propre mort !

Et donc, chers Collègues, si cette possibilité n'est, de facto, pas envisageable, alors n'est-on pas en présence d'une condition de pure convenance ? Ou pire, d'une condition servant d'alibi ?

Et, autre cas de figure, celui de l'avis favorable. Sans doute le plus probable, sinon le plus attendu, celui qui reconnaît au mineur la faculté de discernement. Qu'en sera-t-il de l'impact de ce nouvel élément auprès des parents ? J'imagine que la plupart du temps, ce rapport positif viendra confirmer ce que chacun souhaite, ce que chacun sent, ce que chacun sait ou , du moins, croit savoir.

Mais il ne faut pas ignorer qu'il s'agira d'un nouvel élément d'appréciation dans un système particulièrement sensible et donc fragile. J'utilise volontairement le terme « système » car il s'agit bien d'une relation systémique où interviennent plusieurs acteurs. Et la théorie des systèmes appliquée au comportement humain démontre qu'un nouvel élément qui est introduit dans le système peut faire basculer tout l'équilibre, un équilibre souvent précaire lorsqu'il s'agit de relations humaines.

Et donc, a-t-on envisagé le cas où, face à cet élément, les parents font marche arrière, ou l'un d'entre eux change d'avis, ou encore réclame une nouvelle expertise ?

Et je n'ai pas repris le cas de figure des parents qui, dès le départ, sont en désaccord à l'égard de la demande d'euthanasie de l'enfant. Comment cette situation est-elle gérée auprès de l'enfant d'une part, auprès des parents d'autre part?

Qui sera chargé de gérer ces situations hautement complexes ? Qui est chargé d'accompagner la cellule familiale et chacun de ses membres individuellement pour gérer la situation ?

Finalement cela revient à poser la question de la sécurité émotionnelle par l'introduction d'un tiers dans ce processus décisionnel. Je dois vous dire que plus on avance dans la projection des situations auxquelles mène la proposition de loi, moins les choses deviennent simples, plus elles prennent une allure complexe.

Le Pr Roegiers conclut sa note en précisant la place à prendre et le rôle que pourrait remplir le psychologue. En participant à l'accompagnement du jeune et des familles, en venant en soutien de l'équipe, en en faisant partie, et en intervenant en seconde ligne.

Il devrait être disponible lorsque l'enfant le demande, lorsque la famille le demande, lorsque l'équipe médicale le demande. En un mot le psychologue doit faire partie de l'équipe, il doit être un maillon de la chaîne où chaque voix doit pouvoir être entendue. Il n'est pas un électron libre, il n'est pas à considérer comme expert extérieur, coupé de la réalité quotidienne de l'équipe.

On est loin de la proposition de loi qui prône l'intervention du psychologue comme expert extérieur.

Chers Collègues, nous ne pouvons pas faire l'économie de l'avis d'un pédopsychiatre de renom, dont le propos, par les nuances qu'il avance, est aussi fondateur de repères et de questionnements. Il invite chacun à faire, dans cette matière, preuve de la plus grande prudence.

Nous espérons que ceux qui vont soutenir la proposition de loi prennent bien la mesure de l'enjeu ici déployé. Pour nous, cdH, nous avons fait le choix de refuser ce qui ressemble de plus en plus à une aventure, avec son lot d'inconnues et d'incertitudes croissant, pour privilégier les réponses palliatives.

André du Bus

Sénateur,

Le 27 novembre 2013.

Commentaires

anne vdv (non vérifié)

André, ton intervention me bouleverse: c'est bien construit ,évidemment! Tu(vous !) avez réfléchi intensément , il faut plus que jamais repousser cette décision à... jamais !
J'ai reçu des mails de l'étranger où la Belgique sera célébre pour des horreurs ! Nous l'étions pour Monsieur Dutroux ( je l'ai fort mal vécu au Québec il y a quelques années : tous nos hommes étaient-ils pédophiles et psychopathes ?)
Faut-il faire une loi pour des décisions douloureuses à prendre ,presque jamais , entre médecins et familles ! C'est trop dur !
anne

mer, 27 Nov 2013 - 16:33 Permalien
J C HARIGA (non vérifié)

La "Libre" de ce jour donne la parole à deux protagonistes de ce débat.
Lisez avec attention l'avis du Dr Dominique Biarent .C'est une femme que je connais bien. Personnellement je suis contre la loi (même celle pour les adultes) parce qu'elle a été faite par des gens qui n'auront jamais à prendre la responsabilité que seul (et j'insiste sur le seul parce que c'est tout à fait cela qu'on ressent) un médecin peut prendre. Le reste c'est de la roupie de sansonnet pour politiciens essayant de se placer devant leur "public".
J'ai pratiqué des euthanasies et des avortements avant qu'il y ait des lois.
J'ai toujours eu le sentiment profond d'avoir fait mon devoir et d'avoir fait le bien pour les patients qui en ont bénéficié. Tout le monde politique peut-il dire cela?
Bien à vous.

mer, 27 Nov 2013 - 17:09 Permalien
Fr. BOSMANS (non vérifié)

En réponse à par J C HARIGA (non vérifié)

J'aimerais avoir toujours affaire à un médecin consciencieux comme vous et déplore la multiplication des lois qui sont tout simplement devenues obligatoires pour remplacer le manque de "respect" de la personne et les valeurs d'humanité qui sont de plus en plus absentes à tous les âges et tous les niveaux d'activités de notre société. Merci de nous rappeler qu'il y a une voie toute discrète et toute efficace et constructive et qu'aucun cas ne ressemblera à un autre. Évitons que ces choix ne doivent passer par les machines politiques et commerciales du pays et par je ne sais combien d'intervenants?

mer, 27 Nov 2013 - 19:08 Permalien
Philippe Louis (non vérifié)

Merci pour votre intervention Monsieur du Bus. En tant que médecin chrétien, je veux entièrement respecter la loi de Dieu: "Tu ne tueras pas". Autre chose est de lutter au maximum contre la douleur quitte à donner une dose qui pourrait emporter le malade. Cette décision relève de la seule conscience du médecin. L'état n'a pas à légiférer en cette matière qui dépasse entièrement ses compétences.
En tous cas, je ne voterai certainement pas pour le MR ni pour le PS, partis qui s'arrogent le droit de donner des leçons au Créateur!

mer, 27 Nov 2013 - 18:40 Permalien
une personne f… (non vérifié)

c' effectivement une très belle intervention et bien argumentée
félicitations
personnellement je ne me vois pas donner la mort à un de mes enfants par euthanasie

mer, 27 Nov 2013 - 20:18 Permalien
Aussems (non vérifié)

Cher André,

C'est d'un très haut vol. Par ailleurs, j'apprécie ton intervention à la mesure du travail du Pr. Roegiers. A lire et à relire....

Tes conclusions sont sans équivoque.

Je ne souhaite pas verser dans un débat émotionnel., certainement pas.

Une loi ou pas de loi.
L'enjeu n'est pas là.
Une loi qui légitime, une loi qui protège.....
Devant la détresse, quelle réponse voulons-nous apporter? Comment voulons-nous, (comme société) y répondre, y compris en légiférant?
Questionnons-nous sans relâche car celui qui ne réfléchit pas avec(le mot avec a ,à mes yeux, toute son importance) celles et ceux qui sont en détresse, en situation de faiblesse, exclut....

Cher André, il m'est arrivé d'accompagner des personnes qui avaient avortés. Tu ne peux imaginer leur culpabilité, à postiori.
Si je parle de l'avortement, c'est tout simplement parce qu'avortement et euthanasie sont les tenants et les aboutissements d'une même réalité. A des
échelles bien sûr différentes....
Face à leur culpabilité,-je ne connaissais pas leurs convictions et elles ne m'intéressaient pas-.je posais la question :" avez-vous pensé donner un nom à l'enfant que vous avez conçu?". La réponse fut négative....Le fait de les inviter à donner un nom à leur enfant "post mortem", les déculpabilisait.

Donner un nom à quelqu'un, voilà bien l'essentiel!.
Cela peut paraître bien "philosophique".......et la question fondamentale, en début ou fin de vie, sera toujours la même : "qu'est-ce qui fait sens et comment donner sens" avec intelligence et humanité?

Cher André, tu le sais, mon travail a toujours été orienté, depuis bien des années, vers les "sans voix" dans notre société.
Tu le sais aussi, l'histoire regorge d'exemples où les plus faibles ont été exclus.
Dois-je rappeler la politique récente menée par d'aucuns dans les années 30 et 40?

J'invite chaque homme politique à relire Aristote... le philosophe de l'amitié et de la citoyenneté par excellence.
Si nous ne recourrons à nos fondements, nous ferons fausse route.
C'est l'unique chose dont je suis convaincu.

Jean Pierre A.

mer, 27 Nov 2013 - 21:19 Permalien
oldenhove geneviève (non vérifié)

merci pour ce très beau texte , j'ai déjà travaillé plusieurs fois avec Luc Roegiers et je pense comme lui et comme toi que beaucoup de questions restent en suspend . J'apprécie la façon dont tu ouvres le débat. J'espère que tous ceux qui voteront seront capable de faire abstraction de tout … et qu'ils pourront se mettre dans la peau d'un enfant dans une telle situation. Bien à toi Geneviève

mer, 27 Nov 2013 - 23:09 Permalien
Renaud H (non vérifié)

Argumentation sans équivoque. Bravo.
Un enfant se battra jusqu'au bout. Je ne peux penser qu'il décide seul de l'euthanasie. C'est une invention de l'adulte !

mer, 27 Nov 2013 - 23:20 Permalien
magdeleine wil… (non vérifié)

Bravo pour ton intervention de haut vol...Tout ce débat me rappelle terriblement le vote sur l'euthanasie (adultes) d'il y a 11ans où nous (Clothilde Nyssens et moi) avons été témoins de la même "surdité" des partisans de l'euthanasie que Francis Delpérée et toi vous vivez...Même appel au pathos de Philippe Mahoux, même sectarisme de la part de de la Présidente de l'ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité ),même matérialisme infernal,même impatience(la loi DOIT être votée avant mai 2014)...Où est l'urgence ? La profonde transformation du Sénat ?Le " réalisme des acteurs des acteurs de terrain" ?Des appels au secours ? C'est surtout cette précipitation qui me met en rage ...Magdeleine.

jeu, 28 Nov 2013 - 12:37 Permalien
André (non vérifié)

En réponse à par magdeleine wil… (non vérifié)

Merci Magdeleine. Oui, je n'étais pas présent en commission en 2002, mais je constate que les questions de fond que nous posons ne sont pas prises en considération. C'est donc une position stratégique adoptée par les porteurs du projet. Je comprends celles et ceux qui nous disaient dès le départ que c'est un conflit idéologique. Alors que je suis certain qu'avec le temps, on pourrait trouver des solutions acceptables. Je pense à la mise en place d'une instance juridictionnelle à laquelle une équipe médicale pourrait avoir recours en cas de nécessité fondée. Ce qui, semble-t-il, concerne une dizaine de cas par an - Doit-on légiférer pour dix cas par an?- Cela permettrait de maintenir le principe d'interdit de donner la mort comme valeur de référence. La précipitation est vraiment mauvaise conseillère!

ven, 29 Nov 2013 - 12:00 Permalien
Baré Jacques (non vérifié)

Nous appuyons sincèrement votre déclaration au Sénat et votre démarche à ce sujet.

jeu, 28 Nov 2013 - 15:48 Permalien
André (non vérifié)

En réponse à par Baré Jacques (non vérifié)

Merci, cher Jacques, pour l'attention que vous portez à mes, à nos travaux. Votre soutien nous est très utile! André

ven, 29 Nov 2013 - 21:51 Permalien
du Bois Patrick (non vérifié)

Merci, cher André de nous avoir partagé l'analyse très humaine du pédopsychiatre, Pr Luc Roegiers. Comme le disait si bien ton remarquable collègue Francis Delpérée, on ajouterait une souffrance énorme à ces pauvres enfants en adoptant une loi "symbole" que les défenseurs de la laïcité veulent mettre à tout prix à leur actif. Je suis infiniment reconnaissant au CdH de sa fermeté et de l'attitude très digne de ton confrère. Et que ceux qui pourraient avoir été tenté de voter MR ou surtout Ecolo lisent bien les positions de l'écolo Zakia Khattabi qui ose affirmer que les parents doivent être exclus d'une décision d'euthanasie de leur propre enfant ! Amitiés, Patrick.

jeu, 28 Nov 2013 - 21:42 Permalien
André (non vérifié)

En réponse à par du Bois Patrick (non vérifié)

Merci Patrick. Je reste toujours surpris de cette manière de fonctionner en politique qui fait que les acteurs ne s'écoutent pas vraiment. Chacun suit sa logique avec un seul souci: glaner un soutien pour constituer une majorité. En admettant même que l'on soit favorable à l'euthanasie accessible aux mineurs, cet enjeu méritait mieux que le résultat auquel la majorité alternative aboutit. Les questions que j'ai posées n'ont recueilli aucune réponse. A croire que le mot d'ordre était "ne rien dire, gagner du temps pour voter!" Amitié. André

ven, 29 Nov 2013 - 21:49 Permalien
Philippe S (non vérifié)

Cher André,

Je te félicite et je te fais part de mon admiration pour cette intervention de haute qualité qui relève plus de la philosophie et de la psychologie que de la politique.

A la lecture de ton intervention, je devine qu'elle est l'aboutissement d'un énorme travail guidé à la fois par la raison et par le coeur: merci pour ce que tu as apporté à ce débat difficile et délicat dans le respect des différentes sensibilités.

Philippe

ven, 29 Nov 2013 - 00:49 Permalien
Elisabeth Dispaux (non vérifié)

Bonjour André,

C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai lu ton texte. Tu le sais ou pas, nous avons perdu deux enfants de mucoviscidose. Sophie à 6 mois, Françoise à 24 ans dans la première transplantation "coeur-poumon". Françoise, rayonnante jusqu'au bout, pleine d'espoir, elle continue à vivre dans le coeur de beaucoup de personnes.
Je n'arrive pas à comprendre et je me demande souvent si c'est la Loi qui doit régler des problèmes aussi intimes et fondamentaux et pourtant, je suis effrayée par la facilité donnée actuellement à l'avortement solution à tous les problèmes de handicap...Cependant, il est si facile de juger alors que devant certaines situations les personnes (et souvent les femmes) se retrouvent si seules et dans des souffrances inimaginables qui conduisent à des actes inéluctables. Nous sommes tous responsables et il est si facile de juger.
Ceci n'apporte rien au débat de fond que tu évoques mais je me sens incapable d'avoir un avis "éclairé".
Merci pour tous tes engagements et je peux déjà te souhaiter une année pleine de joie, d'engagement et de succès électoral.
Elisabeth Dispaux.

lun, 2 Déc 2013 - 10:50 Permalien
André (non vérifié)

En réponse à par Elisabeth Dispaux (non vérifié)

Merci Elisabeth pour ce témoignage émouvant. Tu as saisi toute la difficulté: faut-il légiférer? Le débat, même si il passe la barre du sénat, n'est pas clos. Il sera relancé à la Chambre. André

mer, 4 Déc 2013 - 17:26 Permalien
Olivier (non vérifié)

Bravo, cher André. Très juste et pondéré. Privilégions davantage les soins palliatifs.

jeu, 5 Déc 2013 - 17:11 Permalien
Pierre (non vérifié)

Vous avez voté contre l’éventuel élargissement des critères légaux permettant l’euthanasie (encore interdite sauf dans certains cas) et je vous en félicite car cet élargissement me semble inutile :
- le cadre actuel est déjà très large et librement interprété ;
- la loi actuelle n’est pas respectée
- les écarts pourtant connus ne sont pas poursuivis en justice.
En effet :
Comment se fait-il qu’aucune des 5 5537 euthanasies déclarées depuis l’instauration de la loi n’ait entraîné de poursuite judiciaires ?
Comment espérer le respect de la loi tant que les médecins sont à la fois juge et partie : c’est eux qui doivent déclarer l’euthanasie à la commission qui les contrôle …
Comment la commission de contrôle peut-elle invoquer des critères non reconnus par la loi pour ne pas poursuivre des euthanasies (pathologies multiples, crainte de souffrances futures) ?
Comment se fait-il que le parlement qui contrôle cette commission n’exige pas que la loi soit respectée ?

On aurait pu espérer de la part du législateur un projet qui corrige ces « défauts » (non exhaustif). Mais ce n’est pas le cas.
La dernière proposition augmente les possibilités de dérives : comment et par qui la capacité des mineurs sera-t-elle contrôlée?
Cet élargissement prévoit même d’obliger les hôpitaux à simultanément :
- compter au moins un médecin disposé à donner l’euthanasie
- interdire aux médecins refusant de donner l’euthanasie de faire valoir un motif d’objection de conscience.

Quand le législateur donnera-t-il un véritable soutien (aussi juridique) aux personnes qui souffrent et à ceux qui les soignent - au lieu de supprimer ceux qui gênent ?
Cette dernière proposition de loi prétend éviter des dérives, mais je crains fort qu’elle les organise encore plus efficacement.

Merci de refuser l'euthanasie et de poursuivre vos travaux en faveur d'une véritable aide humanitaire. Je vous souhaite aussi beaucoup de courage car la détermination sera nécessaire. Bien à vous, Pierre

sam, 7 Déc 2013 - 12:02 Permalien
Olivier (non vérifié)

De nombreuses personnes âgées ont déjà fui la Belgique de peur de se faire tuer par leurs "médecins" (il est incompréhensible que l'on ose encore se réclamer de ce titre, naguère honorifique, lorsqu'on viole à ce point le serment d'Hippocrate), en sera-t-il de même bientôt pour les parents ?
Notre famille, en tout cas, hors de Belgique depuis quelques années pour raisons professionnelles, tremble à l'idée de devoir y revenir... Et si lors d'un incident grave nos enfants se retrouvaient à l'hôpital et que les médecins les tuaient ("euthanasiaient", faut-il dire, apparemment), en s'étant au préalable (ou pas, du reste, que cela change-t-il ?) arrangé pour arracher leur consentement ?

Enfant ou adulte, toute euthanasie est un meurtre, et toute personne qui la pratique est un meurtrier.
Lisez les témoignages des proches de ces malades qui ont été légalement éliminés, c'est tout à fait effrayant.
La mobilisation contre la loi actuelle et contre son aggravation doit être totale.

dim, 8 Déc 2013 - 17:29 Permalien