Question de M. André du Bus de Warnaffe à M. André Antoine, vice-président et ministre du Budget, des Finances et des Sports, intitulée « Diminution de l’activité physique en Belgique »
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Le 24 mars dernier, l’Eurobaromètre sur le sport et l’ac- tivité physique a publié un sondage, réalisé entre novembre et décembre 2013, et qui se révèle in- quiétant pour l’ensemble des Belges. Nous ne pos- sédons en effet pas de données ventilées pour les parties francophone et néerlandophone du pays. Ainsi, trois Belges sur dix, soit 31 % de la population, ne pratiquent aucune activité sportive; le nombre de sportifs réguliers a diminué, passant de 16 % en 2009 à 10% aujourd’hui; enfin, 30 % des Belges sont assis entre cinq et huit heures et demie par jour. Or il s’avère que le manque d’activité physique favorise l’excès pondéral et l’obésité, accentue les risques cardiovasculaires, comme l’hyper- tension artérielle, les problèmes de lipides et le diabète.
Le gouvernement en a bien tenu compte en élaborant, en début de législature, son plan stratégique de développement de l’activité physique et du sport visant à mettre en place un programme pluriannuel à long terme, au-delà d’une législature. La diminution de l’activité physique constitue un réel problème eu égard aux objectifs initiaux de prévention et de promotion de la santé. Je suis intervenu à plusieurs reprises sur cette problématique et je continuerai à défendre l’idée selon laquelle la santé doit être envisagée à travers une approche globale et intégrée.
C’est donc principalement par des mesures transversales visant tous les déterminants de la santé que la promotion de la santé sera mise en œuvre de la manière la plus adéquate. Dès lors, la promotion de l’activité physique peut avoir une grande influence sur la santé des Belges. Monsieur le ministre, que vous inspirent ces chiffres? Le plan stratégique de développement de l’activité physique et du sport est-il toujours en vigueur? Si nous avons eu l’occasion d’aborder les résultats, par ailleurs intéressants, liés à l’activité sportive lors de notre dernière discussion sur le projet de décret, qu’en est-il de l’activité physique? Faut-il considérer ces résultats comme alarmants? Faut-il les pondérer?
M. André Antoine, vice-président et ministre du Budget, des Finances et des Sports. – Mon- sieur du Bus, vous soulevez avec légitimité et pertinence une question essentielle et une vaste problématique. La part du sport dans l’activité physique varie fortement suivant les professions, les engagements dans les associations – comme les mouvements de jeunes – voire selon les pratiques individuelles non codifiées ou organisées par des clubs. Il est donc difficile de quantifier l’activité physique avec exac- titude. Vous avez raison de dire que le sport contribue à la santé, pour autant qu’il soit pratiqué avec modération.
Le décret relatif à la promotion de la santé dans la pratique du sport, que le parlement adoptera, je l’espère, ce mercredi, a d’ailleurs pour enjeu d’éviter les excès. Nous en sommes conscients et nous avons eu de nombreux débats sur la question, notamment sur l’âge préconisé pour commencer un sport ou sur l’intensité de sa pratique. Cela mérite d’être débattu à nouveau. Un certificat médical sera désormais exigé pour toutes les disciplines et par toutes les fédérations sportives. Treize d’entre elles ne le demandent pas aujourd’hui – elles sont minoritaires.
Revenons-en à votre question. Quelle est la contribution du sport à l’équilibre physique et à la santé? Ces enjeux sont fondamentaux, et la recrudescence du nombre de membres affiliés à Énéo- Sport, le sport des aînés, en témoigne, avec une progression des inscriptions de plus de 20 pour cent. Les aînés ont mesuré, mieux que quiconque, qu’à partir d’un certain âge, l’activité physique et sportive était garante de la forme. Plusieurs études, notamment suédoises, ne laissent aucun doute : la pratique d’un sport contribue à une longue vie de qualité. Au cours de cette législature, nous avons pris de nombreuses d’initiatives, qui je l’espère, seront conservées et continueront de produire leurs effets, même si elles seront rebaptisées – je ne me fais pas d’illusion là-dessus! Nous avons développé une vision stratégique du sport dans toutes ses variantes, amateur, de loisir, pour les moins valides ou les seniors, à l’école, dans les clubs, et bien sûr de haut niveau. Toutes ces catégories ont été reprises dans le plan stratégique de M. Laitat, le nouveau directeur de l’Adeps.
Six axes ont été retenus. Le premier concerne le sport de haut niveau et les plans-programmes. Je rappelle, et réponds ainsi à M. Diallo, que nous avons augmenté les budgets des plans- programmes de 38 pour cent, ce qui est considérable dans le contexte budgétaire difficile actuel. Comme cela a été mentionné tout à l’heure, l’augmentation est justifiée par la hausse du nombre de sportifs subventionnés. Ce sont également des dispositions communes avec le secteur de l’enseignement pour concilier l’excellence sportive et scolaire. Je pense notam- ment à la faculté donnée aux jeunes espoirs d’étaler sur deux ans une année scolaire. Nous pouvons faire mieux, certains pays nous montrent l’exemple.
La valorisation des acquis d’apprentissage permise par le décret Marcourt nous permettra de progresser dans cette voie. Le soutien aux grandes compétions sportives, le pôle sportif de haut niveau, le financement du Comité olympique et interfédéral belge et le projet Be gold poussent un grand nombre de jeunes à pratiquer du sport. Nous constatons une baisse des affiliations quand certains disciplines ne comptent plus de vedettes. Le plus symptomatique fut le tennis qui a connu un âge d’or. Mais il compte aujourd’hui moins d’adhésions. Au contraire, le judo ainsi que tous les arts martiaux n’ont jamais connu autant d’affiliations. En effet, la Belgique y a renoué avec une tradition au plus haut niveau. La principale avancée de cette législature pour le sport pour tous est le projet Été sport. Il nécessite seulement de remplir une demande sur une feuille recto-verso.
Les clubs sportifs n’aiment pas les formalités administratives. Grâce à cette opération, ils reçoivent une subvention de 650 euros par stage. Nous sommes passés de mille stages la pre- mière année à près de trois mille quatre cents aujourd’hui. Si nous comptons environ vingt jeunes par stage, cela fait donc environ septante mille jeunes qui ont découvert un sport avec un enca- drement breveté et le sérieux de l’Adeps. De plus, dix-huit centres Adeps couvrent notre territoire. Ce nombre s’ajoute aux cent mille stages Adeps en internat. Le nombre total de stages est donc très important et ne cesse de croître. La semaine dernière, les médias ont mentionné le record de tous les « clics » d’inscription sur le site proposant les stages Adeps.
C’est dire si les parents se précipitent. Les études commerciales sur l’image de marque montrent que l’Adeps est plus connue que la Communauté française ou la Fédération Wallonie-Bruxelles! J’en ris toujours. Tout le monde connaît l’Adeps. Tous nos documents mentionnent l’Adeps en grand et la Fédération Wallonie-Bruxelles en petit. Nous comptons 2 200 nouveaux affiliés pour le sport des seniors. C’est considérable notamment depuis que nous avons lancé la quinzaine Enéo- Sport qui connaît un grand succès. Le sport pour les moins valides connaît une progression de 8 pour cent à la Fédération multi-sports adapté et de 33 pour cent pour Handisport. Les médaillés d’or ou Joachim Gérard, qui arrive au plus haut niveau alors qu’il n’est pas handicapé de naissance, aident au succès de ces disciplines. Ils montrent aux personnes handicapées que c’est possible. Ces exemples ont encouragé nombre de moins valides à pratiquer du sport.
Nous avons lancé les opérations scolaires avec Mon club, mon école, Rétho sport qui a acquis re- nommée et succès, et les communes olympiques où durant la semaine dite blanche, les jeunes sont oc- cupés grâce au sport pendant que les enseignants délibèrent. Ces opérations n’existaient pas dans le passé. Vu leur succès, il faudra à l’avenir les codifier et les généraliser. Le troisième axe stratégique concerne la for- mation. Nous avons fait un gros effort dans les disciplines d’équipe : le football, le basket, le volley-ball, le handball, le hockey, le base-ball et le rugby. Avec l’appui des fédérations et selon le niveau du club, le nombre de jeunes, d’équipes de jeunes, l’entraîneur breveté et le nombre d’arbitres, nous octroyons une subvention uniquement dédiée à la formation à l’encadrement des jeunes. Cette subvention se fait sur une base plurian- nuelle : 67 000 jeunes sont concernés et 4 000 entraîneurs sont mobilisés. En effet, pour bénéfi- cier des subventions, l’entraîneur doit être breveté, diplômé ou expérimenté.
Nous avons donc également amélioré la qualité de l’encadrement. Nous avons fait de même pour la formation des arbitres. Le nombre d’arbitre a augmenté de plus de 20 pour cent, là où nos amis flamands voient le nombre d’arbitres diminuer. Le quatrième axe concerne la collaboration avec les fédérations sportives. Nous avons voulu susciter la création de nouveaux clubs et nous y sommes parvenus dans certaines disciplines. Je pense par exemple au hockey qui connaît un essai- mage extrêmement important. De nombreux clubs de football féminin ont également vu le jour. J’en profite pour vous signaler que le nombre d’affiliées augmente là où le nombre d’affiliés diminue. Nous avons reconnu la plupart des fédérations puisque le hockey, la balle pelote et le football ont été reconnus. Il ne reste donc plus, de mémoire, que le golf. Mais dans cette discipline aussi les choses évoluent et la communautarisation est en cours puisque dans quinze jours aura lieu le premier week-end de l’association francophone des clubs de golf. Ces reconnaissances ont bien en- tendu demandé des efforts financiers supplémen- taires.
Le cinquième axe porte sur les infrastructures sportives. J’ai récemment été interpellé au Racing Club de Uccle sur la qualité des infrastructures. On me reproche parfois de tout donner à la Wallonie et de ne rien faire à Bruxelles et je dois alors sports adapté et de 33 pour cent pour Handisport. Les médaillés d’or ou Joachim Gérard, qui arrive au plus haut niveau alors qu’il n’est pas handicapé de naissance, aident au succès de ces disciplines. Ils montrent aux personnes handicapées que c’est possible. Ces exemples ont encouragé nombre de moins valides à pratiquer du sport. Nous avons lancé les opérations scolaires avec
Mon club, mon école, Rétho sport qui a acquis re- nommée et succès, et les communes olympiques où durant la semaine dite blanche, les jeunes sont oc- cupés grâce au sport pendant que les enseignants délibèrent.. Ces opérations n’existaient pas dans le passé. Vu leur succès, il faudra à l’avenir les codifier et les généraliser. Le troisième axe stratégique concerne la formation. Nous avons fait un gros effort dans les disciplines d’équipe : le football, le basket, le volley-ball, le handball, le hockey, le base-ball et le rugby. Avec l’appui des fédérations et selon le niveau du club, le nombre de jeunes, d’équipes de jeunes, l’entraîneur breveté et le nombre d’arbitres, nous octroyons une subvention uniquement dédiée à la formation à l’encadrement des jeunes.
Cette subvention se fait sur une base plurian- nuelle : 67 000 jeunes sont concernés et 4 000 entraîneurs sont mobilisés. En effet, pour bénéficier des subventions, l’entraîneur doit être breveté, diplômé ou expérimenté. Nous avons donc égale- ment amélioré la qualité de l’encadrement. Nous avons fait de même pour la formation des arbitres. Le nombre d’arbitre a augmenté de plus de 20 pour cent, là où nos amis flamands voient le nombre d’arbitres diminuer. Le quatrième axe concerne la collaboration avec les fédérations sportives. Nous avons voulu susciter la création de nouveaux clubs et nous y sommes parvenus dans certaines disciplines. Je pense par exemple au hockey qui connaît un essaimage extrêmement important.
De nombreux clubs de football féminin ont également vu le jour. J’en profite pour vous signaler que le nombre d’affiliées augmente là où le nombre d’affiliés diminue. Nous avons reconnu la plupart des fédérations puisque le hockey, la balle pelote et le football ont été reconnus. Il ne reste donc plus, de mémoire, que le golf. Mais dans cette discipline aussi les choses évoluent et la communautarisation est en cours puisque dans quinze jours aura lieu le pre- mier week-end de l’association francophone des clubs de golf.
Ces reconnaissances ont bien en- tendu demandé des efforts financiers supplémentaires. Le cinquième axe porte sur les infrastructures sportives. J’ai récemment été interpellé au Racing Club de Uccle sur la qualité des infrastructures. On me reproche parfois de tout donner à la Wal- lonie et de ne rien faire à Bruxelles et je dois alors rappeler que je ne suis pas compétent pour les in- frastructures bruxelloises! Quand les Bruxellois vont jouer dans des clubs wallons, ils voient que nous avons fait des efforts. Or ce n’est pas tou- jours le cas chez eux. Même en Flandre, sur toute la législature, seules deux terrasses synthétiques de hockey ont été installées. Nous avons consenti de très gros efforts pour la construction, la rénovation et la mise à ni- veau de piscines auxquelles nous avons consacré plus de 60 millions, au lieu des 50 prévus. Nous sommes intervenus pour 16 nouveaux terrains synthétiques d’athlétisme, auxquels il faut ajouter les 64 terrains pour le hockey, le rugby et le football. Nous avons modernisé des infrastructures, comme par exemple celles de Gerpinnes qui en avait grandement besoin.
Dans ce cadre, il faut noter que les parents et les enfants ont désormais des exigences et choisissent de préférence de belles installations bien équipées. Nous avons également développé une poli- tique de collaboration avec d’autres départements comme la santé, le monde scolaire et même le monde militaire afin de renforcer notre présence dans les milieux sportifs. Je rappelle que nos efforts ont profité à 61 pis- cines, 16 pistes d’athlétisme, 71 terrains synthé- tiques et 74 terrains multisports. Nous n’en avons pas encore fini, car en collaboration avec l’inspecteur des Finances, Serge Bawin, je suis prêt à signer les budgets de 2014. Je voudrais également souligner le succès d’activités plus classiques comme les marches « Points Verts » organisées par l’Adeps, une activité physique non quantifiée pratiquée par des sportifs du dimanche.
Je citerai également le cyclotourisme ainsi que le Beau vélo de RAVeL où certains spor- tifs en sont à plus de 40 participations. Malgré ce bilan positif, vous avez raison, peut- être aurions-nous dû lancer des campagnes plus médiatiques sur la pratique du sport mais nous avons préféré accorder ces crédits aux fédérations, aux clubs et aux sportifs. Cependant, nous y réfléchirons pour rappeler au public l’intérêt d’une pratique sportive régulière.
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Je remercie le ministre pour sa réponse très complète qui témoigne de l’ampleur de son action depuis cinq ans. Vous avez évoqué une vision stratégique. Dans le mot stratégique, il y a « strate » et vous avez rappelé avec beaucoup de pertinence les différents axes de votre politique que je ne peux que saluer. Cependant, les chiffres du manque de pratique sportive restent inquiétants : de nombreux Belges n’ont pas encore conscience que l’activité physique régulière a des effets directs sur la santé et la prévention des maladies.
l y a encore quelques années, on dissertait sur ces concepts en disant : « Bougez-vous, cela fait un bien fou. » Aujourd’hui, des études de généticiens vont beaucoup plus loin. Par exemple, le profes- seur Cassiman, généticien de la KUL, a développé le concept d’épigénétisme, c’est-à-dire l’influence de facteurs extérieurs (l’environnement, les habi- tudes et comportements de vie) sur l'expression des gènes de l’individu. Aujourd’hui, ces hypothèses sont confortées par des recherches de plus en plus nombreuses, qui démontrent qu’une activité physique régulière peut prévenir certains cancers ou le diabète par exemple.
C’est même officiel en Belgique – et la Flandre est plus avancée que notre Fédération dans ce domaine. Par exemple, on y propose un accompagnement personnalisé dans le domaine du sport et de l’activité physique aux personnes prédiabétiques afin d’empêcher le déclenchement de la phase de diabète. L’effet direct de l’activité physique sur la santé est donc de mieux en mieux connu. Ce message-là devrait être davantage valorisé, utilisé et média- tisé, afin d’encourager l’ensemble de la population à pratiquer une activité physique régulière. Le plan « 0 – 5 – 30 » des structures provinciales de promotion de la santé avait pour slogan : zéro assuétude, cinq fruits et légumes différents et trente minutes d’activité physique par jour.
C’est simple et de plus vrai. Il s’agit de préférer le vélo à la voiture, l’escalier à l’ascenseur, etc. L’activité physique devrait faire l’objet d’un plan national. Évidemment, cette matière est de- venue communautaire et, pour certains aspects, régionale. Néanmoins, une mobilisation générale autour de la question est nécessaire. Chaque responsable politique doit prendre en charge cette dimension dans ses compétences (Sport, Santé et Mobilité). Mon combat concerne la santé et la promotion de la santé. Il reste d’actualité et d’intérêt public. Si nous voulons avancer, nous devons adapter les messages à l’évolution de la recherche et des attentes de la population.
Commentaires
Mens sana in corpore sano, certes. Mais par rapport à l'oubli de nos langues européennes que sont le latin et le grec (je rappelle que le latin donne accès à 80% de la littérature de l'occident!), je crois que si on veut obtenir un équilibre, il faut surtout y exercer nos jeurnes comme on l'offrait jadis gratuitement à tous, avant de veiller aux mouvements du corps...
Pr Stéphane Feye
Schola Nova (non soumise au décret inscriptions) - Humanités Gréco-Latines
et Artistiques
www.scholanova.be
www.concertschola.be
www.liberte-scolaire.com/.../schola-nova
http://online.wsj.com/news/articles/SB100014240527023037555045792078625…
http://www.rtbf.be/video/detail_jt-13h?id=1889832