Aller au contenu principal

Familles d'accueil : suivi du plan

Soumis par andredubus le
Discussion avec Monsieur Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice et de la Promotion de Bruxelles

Monsieur le Ministre, nous vous avons interpellé dernièrement sur le plan destiné à simplifier la vie des familles d’accueil et à multiplier le nombre de familles candidates à l’accueil. Inutile de revenir sur le manque de familles d’accueil et sur le soutien que notre groupe accorde à cette forme d’accueil puisque nous nous sommes déjà exprimés sur le sujet. De votre côté, vous avez démontré que ce dossier est une de vos priorités. Nous souhaitons cependant revenir sur plusieurs aspects.

Un rassemblement des familles d’accueil a eu lieu à Mons le 15 mai dernier à l’occasion de la réunion mondiale des familles. Vous y avez rappelé votre volonté de recruter davantage de familles d’accueil et de mener une campagne de sensibilisation. Cette campagne élaborée en concertation avec les services de placement familial et l’association La porte ouverte serait lancée prochainement. Nous insistons sur l’importance de recruter des familles prêtes à accueillir un adolescent, car celles-ci se font rares. Votre objectif est ambitieux. Il faudra donc que les moyens dévolus à cette campagne soient à la hauteur de l’objectif fixé.

Par ailleurs, à la suite de la modification du décret du 4 mars 1991 relatif à l’aide à la jeunesse, le Conseil sectoriel de l’accueil familial a été abrogé au profit de la section thématique du Conseil communautaire relative à l’accueil familial.

Ce décret prévoit notamment que les sections thématiques disposent d’une compétence pour émettre des avis et des propositions sur toute matière intéressant la thématique pour laquelle elles ont été créées. Elles transmettent leurs avis et propositions simultanément au ministre et au Conseil communautaire de l’Aide à la jeunesse. À ce sujet, vous aviez annoncé que la section thématique relative à l’accueil familial serait installée le 20 avril

Sur la base de ces éléments, quand débutera la campagne de sensibilisation? Quels seront les atouts de cette campagne pour recruter davantage de familles que les campagnes précédentes? Communiquerez-vous sur les mesures du plan? Comment comptez-vous recruter davantage de familles candidates pour l’accueil d’adolescents? La section thématique relative à l’accueil familial s’est-elle bien tenue le 20 avril dernier? Quels seront les premiers travaux de cette section? Est-il prévu que la section remette un avis sur le suivi ou la mise en œuvre de certaines mesures du plan destiné à simplifier la vie des familles d’accueil?

M. Rachid Madrane, ministre. – Je vous remercie pour votre intérêt marqué pour les questions relatives à l’accueil familial et aux familles d’accueil. J’ai souhaité mettre ces dernières à l’honneur ce 15 mai 2015, date de la 21ème journée internationale des familles, en lançant la première journée des familles d’accueil en collaboration avec la Fédération des services de placement familial et l’ASBL La Porte ouverte qui regroupe des familles d’accueil. Lors de cette journée, l’accent a été mis sur les principaux concernés, familles et enfants
accueillis, en leur demandant d’exprimer leur vécu.

Je souhaite que la future campagne de sensibilisation et de recrutement s’appuie sur ce que les principaux intéressés estiment important. Elle sera donc notamment élaborée avec leur collaboration et sur la base de leur expérience. Cette campagne débutera à la rentrée et s’articulera autour de spots télévisés, d’affiches, de dépliants, d’un site internet et probablement de réseaux sociaux. Mon objectif est qu’elle ne soit pas une opération unique, mais qu’elle se déploie tout au long de la législature. Les interlocuteurs de terrain, notamment la fédération des services de placement familial, estiment que cette action dans la durée est essentielle pour améliorer le recrutement des familles d’accueil.

Il me semble opportun de s’ouvrir aux nouvelles réalités et de ne pas cibler un public spécifique de candidats à l’accueil. Pour cela, je souhaite ouvrir le spectre le plus large possible en incluant non seulement les familles classiques, mais aussi les familles monoparentales ou homosexuelles. Je souhaite également que la campagne représente au maximum la diversité des enfants à accueillir. Pour les adolescents, on pourrait imaginer que des personnes plus âgées dont les enfants ont déjà quitté le domicile familial s’investissent dans ce type d’accueil.

Sur la réflexion partagée avec le secteur, j’ai installé la section thématique de l’accueil familial au Conseil communautaire lors d’une première réunion le 20 avril dernier. Cette première réunion a permis une prise de contact entre les membres.

Une seconde réunion a déjà eu lieu, elle était essentiellement consacrée au règlement d’ordre intérieur. La prochaine réunion portera sur l’approbation officielle de celui-ci et la mise en perspective des questions à examiner.

Je ne manquerai pas de m’appuyer sur les réflexions de cet organe qui remonteront au Conseil communautaire de l’Aide à la jeunesse (CCAJ) par des avis que je solliciterai ou qu’il prendra d’initiative. L’évaluation de l’impact des mesures de simplification administrative prises à l’égard des familles d’accueil sera réalisée l’année prochaine, car les procédures viennent juste d’être mises en route.

L’implémentation du système informatique IMAJ au sein de mon administration facilitera les processus administratifs. Sa mise en œuvre est progressive et sera finalisée en fin d’année. La première étape facilite déjà le remboursement des frais engagés par les familles d’accueil. En effet, le nouveau système autorise le paiement direct aux prestataires pour les familles d’accueil non encadrées ou l’avance aux familles d’accueil accompagnées par un service de placement familial. Cette première mesure sera bientôt suivie d’autres.

Une première évaluation du raccourcissement des délais de sélection se fera également l’année prochaine puisque la mesure n’est pas encore en application.

En ce qui concerne la situation des enfants en danger et en attente d’hébergement, je partage la préoccupation de M. Mouillard. C’est pourquoi j’ai demandé à mon administration de tenir à jour un état de la situation afin de pouvoir développer, sur la base de données probantes, les politiques les plus adaptées à cette situation, dans les limites des moyens mis à ma disposition. Ainsi, depuis près d’un an, les jeunes en attente de prise en charge sont répertoriés selon le type de services que le conseiller de l’Aide à la jeunesse, le directeur de l’Aide à la jeunesse ou le juge de la jeunesse demandent.
Le 20 mai 2015, sur 7 774 enfants en danger, 277 sont en attente d’un hébergement. Il arrive que ces jeunes soient pris en charge dans des structures d’urgence; 70 jeunes sont pris en charge dans leur milieu de vie par un service agréé par l’Aide à la jeunesse dans l’attente d’un hébergement et 206 jeunes font uniquement l’objet d’un suivi de la part d’un délégué d’un service d’aide à la jeunesse ou d’un service de protection judiciaire dans l’attente d’un hébergement. Trois pour cent des enfants en danger sont donc, comme vous l’avez dit, sans hébergement.

Parmi les enfants en danger, en attente d’un hébergement adapté à leur situation, 128 sont en attente d’une prise en charge plus spécialisée, relevant du secteur du handicap ou de la santé mentale, soit 46 % des jeunes en danger en attente d’un hébergement.
Ces quelques chiffres montrent que la réponse à apporter à la problématique des enfants en danger en attente d’hébergement ne peut se résumer à une simple augmentation des places dans les services agréés par l’Aide à la jeunesse. Nous devons également veiller à une utilisation optimale de la capacité d’hébergement des services agréés par l’Aide à la jeunesse afin que les enfants en danger puissent en bénéficier en priorité durant la période où ils sont exposés à un danger. En effet, comme le prévoit le décret du 4 mars 1991 relatif à l’Aide à la jeunesse, l’aide dans le milieu de vie doit être privilégiée dès que cela s’avère possible et les placements doivent être les plus courts possible. C’est pourquoi j’accorde une importance particulière aux solutions qui permettent de suivre les enfants et les jeunes dans leurs familles, soit pour éviter un placement, soit pour en limiter la durée.

Le recours à des placements institutionnels de longue durée a, sur les enfants et sur les fa-
milles, des conséquences qui peuvent se révéler défavorables. Dans ce contexte, le travail avec la famille de l’enfant doit commencer dès le premier jour de placement pour rendre ce dernier le plus court possible.

En application de la déclaration de politique communautaire et à la suite de mes nombreuses visites sur le terrain, je compte faire des propositions en vue de simplifier le paysage des services agréés pour l’Aide à la jeunesse. Ce paysage est en effet devenu plus complexe à la suite d’une spécialisation parfois excessive des projets pédagogiques. Force est de constater que cette spécialisation – certains diront hyperspécialisation – entraîne des effets pervers qui limitent les possiblités de prise en charge de certains jeunes parce qu’ils ne répondent pas aux critères d’admission de certains services.

Enfin, je voudrais aborder la problématique de jeunes pris en charge en hébergement par l’Aide à la jeunesse ou en attente d’hébergement faute de prise en charge adaptée dans le secteur du handicap ou de la santé mentale.

Comme je l’ai souligné à plusieurs reprises, cette situation me préoccupe fortement. C’est pourquoi je compte poursuivre les démarches entreprises afin de dégager, avec mes collègues concernés en Wallonie et à Bruxelles, les solutions les plus adaptées pour ces jeunes qui se situent à la croisée du secteur de l’aide à la jeunesse, de la santé mentale et du handicap

M. André du Bus. – Je vous remercie pour la précision de votre réponse,
Monsieur le Ministre. Pour assurer l’accueil des adolescents, vous suggérez de recruter des parents «plus matures». Vous pensez à des parents plus âgés dont les enfants auraient déjà quitté le giron familial. Est-ce une intuition de votre part? La section thématique de l’accueil familial ne devrait-elle pas mener une étude approfondie sur cette question afin de déterminer le nombre et le profil des familles d’accueil nécessaires pour accueillir les adolescents? Il serait peut-être judicieux également de prévoir une cellule d’accompagnement pour ces familles. En effet, les problèmes auxquels elles sont confrontées ne sont sans doute pas les mêmes que dans le cas d’accueil d’enfants plus jeunes.

Un accompagnement spécifique, assuré par une cellule ou une plateforme, pourrait être envisagé dans certaines situations complexes – je pense, par exemple, à la question des assuétudes qui plongent souvent dans le désarroi beaucoup de familles classiques. Il y a là un terrain en friche qui mérite d’être exploité de manière plus claire et plus opérationnelle.

Commentaires

Debouvrie Christine (non vérifié)

Je suis famille d'accueil et voudrais simplement pointer un problème : Depuis mai,les frais (médicaux,internat avec autorisation)ne sont plus payés a cause d'un nouveau programme informatique... Celui ci ne prend pas les frais depuis + de 3 mois et me dit on,personne n'arrive a résoudre ce problème. Pour moi,j'arrive a + ou - 300euros et avec la rentrée et les frais d'internat qui vont s'aligner,j'ose espérer que quelqu'un trouvera le moyen de mettre ce programme informatique en ordre.. C'est fort quand même que personne n'y soit arrivé en 3mois. Mme Daehm qui gère notre dossier espère,moi aussi...

sam, 15 Aoû 2015 - 23:26 Permalien
Demulder (non vérifié)

C'est toujours d'actualité

dim, 8 Jan 2017 - 18:04 Permalien