Aller au contenu principal

Mesures prévues pour lutter contre le diabète

Soumis par andredubus le
Discussion avec Monsieur Didier Gosuin, membre du Collège réuni, compétent pour la politique de la santé, la fonction publique, les finances, le budget et les relations extérieures

Monsieur, évoquer avec vous le diabète constitue aujourd'hui une première, dans la mesure où cette question n'est généralement pas abordée en dehors de la Journée mondiale du diabète, qui mobilise les médias et les parlementaires. C'est aussi la première fois qu'un grand quotidien national consacre quatre pleines pages au diabète, sous le titre : "Le diabète, une bombe à retardement. Un Belge sur vingt serait diabétique".

Ces quatre pages constituent un ardent plaidoyer, émanant notamment du professeur Martin Buysschaert, le président de l'Association belge du diabète (ABD). Celui-ci s'exprime sur la situation alarmante du diabète dans notre pays en général, et dans notre Région en particulier. Non seulement, 5% de nos concitoyens seraient touchés par cette maladie, mais en plus, une frange importante de la population serait prédiabétique, ou même diabétique, sans le savoir. Pour la première fois dans notre pays, des jeunes de moins de dix-huit ans sont diagnostiqués diabétiques de type 2 et non de type 1. Leur état est directement lié au problème d'obésité qui touche les jeunes.

Le diabète entraîne de nombreuses complications : rétinopathies, problèmes vasculaires avec risques d'accidents vasculaires cérébraux, ou encore infarctus du myocarde, puisque 52% des diabétiques décèdent de cette dernière pathologie.

(Colloques)

J'ai déjà aussi interpellé à plusieurs reprises la commune d'Etterbeek sur la question du diabète. Sachez dès lors qu'elle ne peut ignorer le problème mais, précisément, le niveau communal ne demeure pas inactif.

Le diabète entraîne également des complications rénales, comme des néphropathies, des complications dentaires, sexuelles et vasculaires sur les membres inférieurs. Ainsi, la première cause d'amputation du pied, c'est le diabète.

Sur le plan de la santé publique, ces diverses pathologies représentent la première source de dépenses.

Aujourd'hui, dans le monde, mais aussi chez nous, un euro sur neuf est dépensé pour soigner les complications qui résultent du diabète. Il s'agit donc d'un enjeu majeur lié à l'obésité, à la mauvaise alimentation et à la sédentarité.

Les questions que posent aujourd'hui les acteurs du diabète sont simples. Pourquoi n'existe-t-il toujours pas de registre national du diabète ? Pourquoi n'y a-t-il toujours pas de plan national de lutte contre le diabète, alors qu'il existe une demande en ce sens depuis des années ? J'ai relayé moi-même cette requête depuis 2011 dans les différents parlements où j'ai siégé. Pourquoi n'y a-t-il pas de campagnes de sensibilisation nationales vis-à-vis de cette pathologie ?

La dernière fois que je vous ai interpellé à ce sujet, le 24 novembre dernier, je vous ai demandé d'inscrire à l'ordre du jour de la prochaine conférence interministérielle (CIM) de la santé publique la question du diabète et la définition d'un plan national de lutte contre le diabète. Où en êtes-vous sur l'ensemble de ces questions ?

M. le président.- La parole est à M. Gosuin.

M. Didier Gosuin, membre du Collège réuni.- Cette maladie touche un grand nombre de personnes et ses conséquences ne sont pas encore suffisamment évaluées. C'est en effet dans dix ou quinze ans que l'on mesurera pleinement l'impact de son développement.

Nous n'avons pas attendu pour agir, puisque nous avons inscrit cette problématique au niveau de la conférence interministérielle (CIM) de la santé publique, dans le plan maladies chroniques. Sous un label similaire, nous l'avons incluse dans le Plan santé, notamment au niveau du groupe de travail prévention et promotion de la santé, qui est piloté par les ministres de la promotion et de la prévention de la santé de la Cocof et de la Vlaamse Gemeenschapscommissie (VGC).

Le 30 mars, la CIM de la santé publique a arrêté une déclaration commune à ce sujet, avec une note d'orientation suggérant de définir vingt types d'actions ayant trait au diabète, qui devront se traduire par des projets pilotes au niveau de l'ensemble du pays. Ce projet a été mis en continuation ce lundi, lors de la dernière CIM de la santé publique. En octobre, nous devrons mettre au point le protocole d'accord entre toutes les entités sur la procédure de lancement de l'appel à projets. Nous allons bien entendu inciter les acteurs de terrain bruxellois à y participer.

Au niveau du Plan santé, le groupe de travail qui traite précisément de la prévention et de la promotion de la santé, et notamment du diabète, s'est réuni le 2 juillet.

Le dernier instrument dont nous disposons est celui des réseaux locaux multidisciplinaires. Il s'agit plus précisément du réseau local multidisciplinaire Bruxelles et du Lokaal Multidisciplinair Netwerk. Nous avons organisé le basculement du réseau local multidisciplinaire Bruxelles vers la Cocom. Ces deux réseaux ont pour tâche, avec les médecins généralistes, d'assurer le suivi du trajet de soins pour les diabètes de type 2.

Ces mesures concrètes vont sans doute déboucher à terme sur un plan de santé global. Le problème a été inscrit à l'ordre du jour. Nous allons mener une action d'envergure à partir d'octobre. Celle-ci comportera un volet de sensibilisation, mais aussi des projets d'action, de promotion et de prévention sur le terrain. Nous en saurons plus en octobre, lorsque nous serons tous tombés d'accord.

En tout état de cause, nous avons déjà arrêté le 30 mars dernier une déclaration commune, dans laquelle nous avons décrit les vingt actions à travers lesquelles nous allons pouvoir développer les projets pilotes ayant trait au diabète.

M. le président.- La parole est à M. du Bus de Warnaffe.

M. André du Bus.- Vos réponses sont encourageantes. L'enjeu ne se situe pas dans le cadre des réseaux multidisciplinaires, qui fonctionnent bien et qui sont financés par l'Institut national d’assurance maladie-invalidité (Inami). Il réside essentiellement dans les campagnes de promotion et de sensibilisation et dans la coordination avec vos collègues en charge de la promotion de la santé, aussi bien au niveau de la Cocof que de la VGC. Cette dimension de la promotion de la santé est également présente au niveau de la Cocom.

Nous attendrons avec intérêt la déclinaison de ces différentes actions. Je ne doute pas que le 14 novembre sera une occasion de faire le point sur l'état d'avancement des projets que vous avez annoncés aujourd'hui.

Commentaires

buysschaert (non vérifié)

très belle prise de position.merci pour cette interpellation. ce serait intéressant de connaitre et de pouvoir commenter les 20 actions envisagées .l'abd est prête à collaborer

jeu, 9 Jul 2015 - 12:54 Permalien