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75ème anniversaire des Jeunesses musicales

Soumis par andredubus le
Question à Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance

M. André du Bus – Madame la Ministre, les Jeunesses musicales sensibilisent et initient les jeunes à la musique depuis 75 ans. C’est un peu avant l’anniversaire officiel que je vous pose cette question, car je pense important d’avoir l’avis de la ministre de la Culture et de l’Éducation. Cette belle longévité sera fêtée le 17 octobre prochain au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 75 années, jour pour jour, après le premier Concert pour la Jeunesse donné par l’Orchestre national de Belgique, le 17 octobre 1940. Le projet connaît également une expansion à l’échelle internationale et l’association est même reconnue par l’UNESCO comme la plus grande organisation non gouvernementale mondiale en faveur de l’éducation musicale des jeunes publics. L’ambition de cette association culturelle est de promouvoir l’ouverture des jeunes à la musique dans un esprit d’échange, de partage et d’épanouissement. Quand on sait qu’une éducation musicale précoce favorise le développement cognitif de la mémoire auditive, il importe de développer ces pratiques.

En effet, selon le chercheur canadien Jonathan Bolduc, les activités musicales favorisent le développement de la conscience phonologique, soit les habiletés à percevoir, à segmenter et à manipuler les unités sonores du langage, comme les rimes, les syllabes et les phonèmes. De nombreux autres rapports confirment que l’éducation musicale contribue à la construction de l’individu, à l’écoute de l’autre et à l’apprentissage de la rigueur. Il s’agit également d’un outil d’intégration sociale mis à la portée d’un grand nombre pour lutter contre les inégalités, comme mentionné dans un rapport remis à Frédéric Mitterrand en 2012.

Dans ce contexte et dans le cadre de l’anniversaire des Jeunesses musicales, je souhaite vous interroger sur l’actualité de cette association, sur son évolution et sur ses liens avec le milieu scolaire. Pouvez-vous donc nous préciser le nombre d’adhérents actuel ainsi que l’évolution de cette association? Quels sont les besoins actuels des Jeunesse musicales? À quels défis cette association est-elle confrontée? Dans le cadre de son contrat-programme, des partenariats sont impulsés avec le milieu scolaire. Ils favorisent l’éducation musicale pour tous dans le cursus scolaire obligatoire. D’autres partenariats sont-ils mis sur pied avec d’autres secteurs, comme les organisations de jeunesse, les maisons et centres de jeunes? Enfin, de façon plus générale, ne conviendrait-il pas de renforcer, d’une façon ou d’une autre, la place de l’éducation musicale pour tous dans le cursus scolaire obligatoire? Une étude de l’Institut Montaigne conclut que le niveau scolaire des élèves augmente quand, dans l’enceinte même de leur collège ou de leur lycée, ils peuvent jouer dans un orchestre et apprendre la musique. Leur ambition s’accroît ainsi que leur confiance en eux et l’estime qu’ils portent aux autres élèves, aux professeurs et à leur institution. C’est très clair: l’apport d’une éducation musicale est, à tous points de vue, favorable aux jeunes.

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – Le 75e anniversaire des Jeunesses musicales est un moment important, auquel j’assisterai. Contrairement aux mouvements de jeunesse, la Fédération ne développe pas de politique d’affiliation, mais s’appuie sur un réseau d’une centaine de permanents dépendant de huit centres régionaux et d’un secrétariat fédéral. En quelques décennies, les Jeunesses musicales ont considérablement élargi leur public et leur champ d’activité. Au départ, il s’agissait d’amener, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, un public jeune à découvrir la musique classique. Aujourd’hui, leur offre comporte un très large éventail de musiques, allant du jazz à la musique du monde en passant par le rock et les musiques urbaines, dans tous les lieux possibles, et principalement dans les écoles. Les jeunes sont impliqués de plus en plus tôt dans les activités, dès l’âge de 6 mois dans certains centres régionaux. De magnifiques concerts sont organisés pour les tout-petits. Le paysage de leur action est en pleine évolution. L’organisation entend élargir son audience, toucher les publics en difficulté et former les cadres culturels. Chaque centre régional génère des partenariats avec les écoles, les lieux d’accueil extrascolaire et des opérateurs culturels tels que l’Orchestre philharmonique royal de Liège ou les Beaux-Arts, mais aussi avec des associations locales ou régionales. La révision de leur contrat-programme est en cours. Ils reçoivent actuellement 986 000 euros. Leur demande porte sur l’indexation des subventions couvrant les charges salariales, le financement d’un poste de permanent et la prise en compte de l’ensemble du personnel. Nous analyserons leur demande.

Nous voulons soutenir les acteurs qui s’adressent au jeune public et intègrent la culture à l’école. Le but de la coupole «Alliance culture-école» est d’introduire l’accès à la culture et l’apprentissage des arts dans le cursus scolaire à partir de 3 ans. Nous construisons actuellement les référentiels du cycle maternel et je défends ardemment l’idée d’inclure la culture et la musique dans l’apprentissage des 3-6 ans. Au-delà du plaisir de la création artistique et de la sérénité, ces apprentissages ont un impact cognitif majeur. Les enfants qui ont pris des cours de musique très tôt ont un meilleur rapport aux mathématiques et à la structuration. Nous prévoyons d’appliquer ce plan également aux crèches, où la musique classique, notamment, peut jouer un rôle.

M. André du Bus. - Je vous remercie pour votre réponse, Madame la Minsitre. Ceci étant, dans la mesure où «Faire bouger les lignes» est une référence pour vous, je vous invite à faire bouger les lignes au-delà de l’âge de six ans. Dans l’enseignement maternel, de nombreux apprentissages se font de manière spontanée. L’enjeu est d’intégrer l’éducation musicale dans le cursus scolaire obligatoire. Plutôt que de placer un bémol, plaçons un dièse à cette ambition.

Commentaires

phil. L. (non vérifié)

Si c'est vrai que les jeunesses musicales existent et survivent depuis 75 ans et que mes parents m'ont permis de les fréquenter à titre privé lors de ma jeunesse mais malheureusement n'ai eu aucun éveil musical dans mon parcours scolaire libre ni pas non plus mes enfants au sein de leurs écoles. Je suis donc heureux de voir que l'enseignement a la volonté d'intégrer enfin la musique dans son programme !

mer, 14 Oct 2015 - 21:45 Permalien