Lire mon interpellation à Rudi Vervoort au sujet de la démolition de la maison
La maison du numéro 28 est érigée selon une demande de permis de bâtir de 1898 sur les plans de l'architecte Jules Barbier. A l'origine, teinté d'éléments Art-Déco, elle a été transformée en 1924 d'après les plans de l'architecte Ingelbrecht.
Elle n'est pas classée comme monument mais est néanmoins reprise à l'inventaire du Patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale.
Elle est située au début de l'avenue de Tervuren. Cette artère monumentale est percée entre 1895 et 1897 à l'initiative de Léopold II, sur base des plans de l'architecte-Urbaniste Victor Besme, à l'occasion de l'Exposition universelle de 1897. L'avenue était destinée à relier le parc du Cinquantenaire au domaine de Tervuren. La voirie est alors aménagée et ses abords sont rapidement parcellisés et construits.
Dès l'urbanisation de l'avenue de Tervuren, les parcelles situées entre le numéro 28 et l'angle formé par l'avenue et la rue de Tongre étaient occupées par un vaste garage à voitures en plein air. Une petite maison de style pittoresque, assortie aux barrières et à son entrée, signalait ce parking.
Les parcelles occupées par le garage sont finalement bâties durant l'entre-deux-guerres. En 1927, un immeuble à appartements de style Art Déco y est construit sur les plans de l'architecte J. B. Tilman.
A l'occasion de la construction de cet immeuble, un procès-verbal est dressé et règle la mitoyenneté avec la maison du numéro 28. La mitoyenneté est achetée à Monsieur Saffre, propriétaire de l'époque.
D'un point de vue urbanistique, la maison est un témoin de la première urbanisation d'une nouvelle avenue.
A l'image de nombreux édifices "Art Nouveau", la villa numéro 28 est conçue par l'architecte comme une oeuvre globale (structure, organisation, volumétrie, décor extérieur et intérieur).
La façade principale et le décor intérieur se veulent démonstratifs. La composition de la façade s'organise autour d'un volume vertical de trois niveaux couronné d'une toiture en bâtière à croupe donnant l'illusion d'une toiture en pavillon au sommet d'une véritable tour.
La façade arrière est moins démonstrative d'un point de vue formel (absence d'un volume vertical ou d'un bow-window) que la façade principal. Elle est cependant pourvue de décors "Art Nouveau" : sgraffites reproduisant des décors végétaux stylisés sur les tympans et allèges de nombreuses fenêtres.
Suite au rachat de la propriété par M. Saffre, la façade principale de cette bâtisse sera profondément modifiée en 1924. Les travaux commencent (sans autorisation) la même année. Presque tous les percements de la façade principale sont transformés. En revanche, sur les façades latérales et arrière, seuls sont supprimés les décors (sgraffites, moulures de soubassement, archivoltes à volutes, ...). Les percements ont gardé leurs formes, leurs châssis, et une partie de leurs vitraux, notamment ceux de la grande baie de l'escalier monumental.
A l'intérieur, l'architecte modifie l'affectation de certains espaces. La cuisine remonte des sous-sols au volume flanqué en saillie de la façade arrière ("office" sur les plans de 1898). Ce changement induit la transformation des baies de la nouvelle cuisine et la construction d'une cheminée et de son conduit le long de la façade arrière. Pour le reste, tous les décors "Art Nouveau" tels que les frises de peintures au pochoir au sommet du salon et de la salle à manger, entrelacs des grilles des cheminées, ... ont été masqués ou supprimés. En revanche, les éléments structurels tels que les plafonds, les escaliers, la huisserie, les revêtements de sols, les vitraux aux motifs végétaux, etc sont conservés.
Sources: extraits du dossier remis au service d'urbanisme d'Etterbeek
Commentaires
Cette maison reste remarquable et mérite d'être protégée au meme titre que la maison Cauchie ou le palais Stocklet. Arrêtons de massacrer Bruxelles.
En réponse à par Jean Claude Ahn (non vérifié)
Si je n'irais pas jusqu'à dire qu'elle est aussi remarquable que la maison Cauchie ou le palais Stockelet, cette maison mérite d'être protégée. Ce qui m'étonne le plus dans ce dossier, c'est le parti pris, d'emblée, de sa démolition. Sans aucune réflexion, aucune ouverture à des alternatives.
En réponse à par André du Bus (non vérifié)
Y t'il une raison pour laquelle mon commentaire, qui n'allait pas dans le même sens, envoyé ici il y a deux jours n'a pas passé le stade la modération?