Déposé par André du Bus
Considérant l'histoire de l'Avenue de Tervuren, la diversité de son patrimoine architectural, l'éclectisme caractéristique de la fin du XIXème et du début de XXème marquant, entre autre, la volonté des propriétaires de l'époque de se distinguer autant que possible de leurs voisins ;
Considérant que le bâtiment sis 28 avenue de Tervuren a été conçu par l'architecte Jules Barbier en 1898 dans un style d'inspiration Art Nouveau ;
Considérant que l'architecte Jules Barbier est l'auteur de deux autres maisons situées à proximité, avenue de l'Yser 5 et 6 qui ont toutes deux fait l'objet d'un classement par la Commission Royale des Monuments et Sites ;
Considérant que le 28 avenue de Tervuren a fait l'objet d'une transformation importante en 1924, sous l'impulsion de l'architecte Richard Inghelbrecht, donnant au bâtiment une allure générale caractérisée par une plus grande sobriété dans les lignes ;
Considérant que l'intérieur du bâtiment reprend encore une série d'éléments structurels caractéristiques de l'Art Nouveau, entre autres les éléments tels que des plafonds, les escaliers, les revêtements de sol, la huisserie, les vitraux aux motifs végétaux;
Considérant la nouvelle unité de ligne de l'actuel bâtiment ;
Considérant que le bâtiment actuel représente un des derniers témoins de l'architecture des débuts de l'avenue de Tervuren ;
Considérant que la démolition de ce bâtiment constituerait un acte de jurisprudence à l'égard des derniers autres bâtiments de l'avenue de Tervuren, témoins de cette époque et n'ayant pas fait l'objet d'un classement ou d'une protection ;
Considérant dès lors que la démolition de ce bâtiment ouvre la porte à une défiguration du patrimoine architectural de l'avenue de Tervuren et que le projet déposé participe à cette défiguration ;
Considérant l'attachement de nombreux riverains et usagers de l'avenue de Tervuren à son allure actuelle et la mobilisation que cet attachement suscite ;
Considérant que le bâtiment est repris sur la liste de l'inventaire du patrimoine architectural bruxellois et fait l'objet d'une description dans « Le Patrimoine Monumental de la Belgique-région de Bruxelles Capitale – Etterbeek - tome 3 » ;
Considérant que le Plan Communal de Développement d'Etterbeek, adopté en 2005, affiche la volonté de mettre en valeur le patrimoine architectural etterbeekois et de le protéger en faisant, précisément, largement référence à l'ouvrage descriptif du Patrimoine Monumental de la Belgique consacré à Etterbeek, en souhaitant sa diffusion la plus large possible, en distribuant des prospectus d'information et en disposant des panneaux didactiques à certains endroits stratégiques de la commune reprenant un bref historique ;
Considérant que le Collège, dans sa Déclaration de Politique Générale 2013-2018 s'est engagé à « relever le défi de la rénovation et le maintien du patrimoine existant, qu'il s'agisse du patrimoine protégé,… , ou qu'il s'agisse de la protection du patrimoine qui n'est pas couvert par le Code bruxellois de l'Aménagement du Territoire (petit patrimoine) » ;
Considérant dès lors qu'il est difficilement imaginable que le Collège cautionne la démolition d'un bâtiment remarquable repris et décrit dans l'ouvrage précité ;
Considérant, enfin, qu'aucun projet alternatif n'est proposé, mettant en valeur l'actuel bâtiment, le conservant en tout ou en partie ;
Demande au Collège de refuser le permis d'urbanisme tel qu'introduit et de prendre les initiatives qui s'imposent pour assurer la sauvegarde et la protection de l'actuel bâtiment implanté au 28 avenue de Tervuren.
Commentaires
Bonjour
Je ne connaisse pas toutes les détailles de cette affaire mais l'immeuble - vu de l’extérieur- a un joli caractère qu'un autre immeuble contemporaine /cubique aura du mal a atteindre, même énergétiquement passif soit il.
D'une autre coté il faut loger de plus en plus de monde en ville sans parler de l’enjeu financier du cas "28 avenue de Tervuren"....
Bien à vous, Radu Stefan
Entièrement d'accord avec cet argumentaire et la demande au Collège.
Merci pour cette initiative.
Cordialement,
Henry d'Anethan