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ONU - Résolution SIDA : les sujets à controverse

Soumis par andredubus le

Image retirée.On n'est ni en Belgique, ni à Val Duchesse mais les scénarios sont les mêmes : le texte de la Déclaration finale aura été adopté à NY au petit matin du 8 juin après une nième nuit de négociation. Une négociation menée par ceux qui sont appelés les « co-facilitateurs ».

Quels sont les sujets qui fâchent, ou plutôt qui ont fâché, puisqu'un accord est intervenu? Pierre Charlier, conseiller de la mission diplomatique belge auprès de l'ONU, nous a fait le débriefing de ces tensions qu'il a résumées dans une note1, dont sont extraits les éléments suivants :

D'abord il y unanimité sur la priorité à donner à la prévention et et à l'élimination de la transmission de la mère à l'enfant. Ensuite que le renforcement des systèmes de santé constitue la base de toute approche. Enfin que l'accès universel au traitement doit être un objectif majeur.

Les visions diffèrent sur la façon de mener la prévention :

  1. plusieurs délégations s'opposent à la prise en compte des groupes à risques, ou à la simple évocation de ces groupes (homosexuels masculins, toxicomanes avec injection, travailleurs du sexe). Plusieurs pays estiment précisément que les risques que courent ces groupes sont liés à leur comportement... qui doit changer.
  2. La notion de comportement sexuel sûr oscille entre les tenants des comportements axés sur la fidélité et l'abstinence et ceux qui prônent l'utilisation systématique du préservatif.
  3. L'éducation sexuelle, si elle est reconnue comme base de la prévention, n'treatment nasal polypsest pas mise en avant avec la même volonté par tous les pays.

La question de l'accès universel au soins se trouve écartelée entre les tenants les plus farouches de l'application des droits de l'homme (UE) qui mettent en avant la lutte contre les discriminations et les pays qui modèrent l'application des droits de l'homme en fonction de critères culturels, éthiques ou religieux.

La politique de réduction des risques d'infection des utilisateurs de drogues ne mobilise pas de la même façon tous les pays, principalement dans les efforts à fournir.

La question de la propriété intellectuelle (dans la fabrication des médicaments) reste un sujet de tension majeur, tant les intérêts économiques sont difficilement conciliables avec le principe d'accès universel aux soins. Le texte insistera sur la promotion des médicaments génériques et l'utilisation des flexibilités prévues par les accords internationaux sur la propriété intellectuelle et sur la prise de mesure qui empêchent un recours abusif au droit de propriété intellectuelle.

L'adoption de cibles concrètes et chiffrées ont également fait l'objet de discussions. On notera d'abord la question des moyens et donc l'augmentation de l'allocation des ressources nationales. Ensuite le nombre de traitements auquel correspond l'accès universel : si 80% des personnes malades répond à la définition admise, la question reste de déterminer le nombre absolu auquel correspond ce pourcentage, qui varie de 12 à 18 M°. Enfin à propos de la transmission du virus, un accord s'est rapidement dégagé pour réduire les cibles respectives suivantes d'ici 2015, à 50% pour la transmission par voie sexuelles, à 80% par injection de drogues et à 100% pour la transmission mère-enfant.

New-York, André du Bus, le 9 juin 2011
1 « Quelques points saillants de la négociation de la Déclaration finale » Pierre CHARLIER, le 6 juin 2011 zp8497586rq

Commentaires

Bravo André pour l'accord intervenu à ce congrès de l'ONU grâce à ta présence à NY
Décidément même là bas ce sont les nuits qui portent conseils !
Ce serait intéressant de savoir quels sont les pays qui ont une vision différente et qui s'opposent à prendre en compte les homosexuels, résolvant le problème d'une façon simpliste en leur imposant un changement de comportement ?

Merci pour ces précisions

jeu, 9 Jun 2011 - 18:23 Permalien
Jacques JOCKIR (non vérifié)

En réponse à par simons (non vérifié)

Bonjour André,

J'en reviens toujours au fait que c'est la personne porteuse du handicap qu'il faut voir et non le handicap. Il y a d'ailleurs autant d'handicaps qu'il n'y a de personnes handicapées.

Merci encore de lutter contre l'exclusion et aujourd'hui particulièrement l'e-exclusion qui touche encore chez nous plus de 1 personne sur 4!

jJ

sam, 11 Jun 2011 - 11:10 Permalien