Intervention dans le débat "Etudes de la santé" du Parlement de la Communauté française
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M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Je remercie M. Morel pour ce rapport qui est un élément important de la réflexion du monde politique sur les questions de santé.
Je craignais que cette réflexion porte sur des questions biomédicales croisées à des enjeux budgétaires. Lorsque nous en discutons à l’étranger, nous réalisons à quel point notre système de santé est performant, tant par la qualité des soins offerts que pour la répartition des dépenses induites.
Ce risque a été largement évité puisque la réflexion s’attaque aux nouvelles dimensions de la santé évoquées depuis des décennies par l’OMS, mais aussi abordées dans de nombreuses contributions des sciences sociologiques, pédagogiques et psychologiques.
Si nous devions retenir trois éléments principaux de ce rapport, le premier serait le rappel insistant d’une vision transversale et globale de la santé. À cet égard, je voudrais rappeler la sentence de Léon Cassiers, doyen de la faculté de médecine à L’UCL et psychiatre éminent, interrogé à la suite des travaux relatifs à la réforme du décret sur la santé mentale à la Commission communautaire française sous la législature 2004-2009. À la question « Quelle est l’initiative que le politique pourrait prendre à Bruxelles pour améliorer de façon significative la santé mentale des Bruxellois ? », il répondait que la première chose à faire était de donner à chaque Bruxellois un logement et un emploi de qualité. Un médecin de son envergure reconnaissait que les premiers déterminants de la santé étaient d’ordre environnemental, social et culturel et non pas médical.
Le deuxième élément principal de ce rapport est le modèle pédagogique centré sur l’apprenant. Ce n’est pas neuf, il y a vingt-cinq ans que nous pouvons assister et soutenir des projets-pilotes pédagogiques et psychologiques, voire psychiatriques, qui font la part belle à l’approche systémique et à la valorisation de l’autonomie dans l’apprentissage. Cette approche est devenue le modèle de référence principal de la formation supérieure dans ce rapport. Il s’agit d’une révolshould i get divorcedution académique car aujourd’hui le système de formation reste encore basé sur le modèle du professeur transmettant de son pupitre des savoirs de manière linéaire à un auditoire de centaines d’étudiants. Toutes les études démontrent pourtant qu’un enseignement efficient ne se fonde pas sur la causalité mais sur la circularité, la rétroactivité, l’auto-apprentissage et la capacité d’évaluation. Ces éléments sont présents de manière explicite mais aussi en filigrane dans le texte.
Le troisième élément qui a retenu notre attention est l’intégration, dans le cursus, d’éléments permettant à l’étudiant de clarifier les demandes de santé. Sur la base des demandes globales du patient qui intègrent parfois des éléments non strictement médicaux, l’étudiant peut orienter son engagement professionnel, par exemple vers la médecine scolaire, du travail ou communautaire. Il est fondamental d’intégrer ces éléments dès le début de la formation. La manière dont la note met ces trois dimensions en perspective nous paraît particulièrement intéressante et prometteuse pour la réorientation de la formation. Si cette note donne une orientation, il va de soi que de nombreuses questions restent ouvertes quant à sa concrétisation. Le ministre Marcourt est là pour nous rappeler les contingences auxquelles le monde politique est confronté. Les institutions universitaires et d’enseignement supérieur sont des paquebots ; leur donner une nouvelle orientation ne souffre d’aucune improvisation. Cela nécessite l’établissement d’une feuille de route qui doit encore être écrite aujourd’hui, sans compter les questions brûlantes que se posent les recteurs. Comment gérer l’afflux des étudiants en septembre prochain ? Comment agrandir les auditoires ? Que faire de l’afflux d’étudiants non-résidents ? Comment répondre au manque de financement ?
Nous réitérons nos félicitations pour ce travail majeur qui, si nous voulons lui donner tout son sens, nécessite une traduction opérationnelle à laquelle nous sommes prêts à nous atteler.
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Commentaires
J'ai lu avec grand intérêt le texte de présentation de Monsieur Morel au Débat "Etudes de la santé" mais avec les yeux du patient. Tout ce qui a été dit est pertinent et jugement de valeur. Reste - comme dit dans le texte " qu'il est nécessaire d'établir un lien entre la participation de l'étudiant dans le pocessus d'apprentissage et celle du patient dans la décision de santé ou dans sa prise en charge". Il est évident que d'une manière générale le "patient" est l'éternel absent dans ce genre de discussion et pourtant - je cite encore - "la santé constitue un secteur de la vie sociale ... et qu'il y a un déficit sur le plan de la relation avec le patient".
Un intervenant a dit " il conviendrait de coller le plus possible à la réalité du professionnel de la santé de demain".
Ce qui me permet de souligner le paragraphe " Les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) sont une dimension qu'il conviendrait de partager en y incluant notamment l'approche documentaire et la communication professionnelle. Ce sont en effet des outils importants pour les professionnels de la santé - et j'ajoute les patients - y compris pour communiquer entre eux.
Dans le cadre d'un projet "Espace Numérique VALIDA" nous avons développé l'aspect e-santé. Nous tenons ce dossier à la disposition des personnes intéresées par le sujet.