Question à Madame Alda Greoli, Vice-Présidente et Ministre de la Culture, de l'Enfance, de l'Education permanente
M. André du Bus. – Le 22 avril dernier, j’ai assisté à un colloque intitulé Le rôle du carillon dans l’animation des communautés locales en Belgique au Parlement fédéral, en partenariat avec l’UNESCO. L’art campanaire a été reconnu comme bonne pratique de préservation du patrimoine immatériel de l’humanité en 2014. Durant cette journée, des intervenants ont témoigné de l’importance de cette reconnaissance et de son impact sur les autorités et les acteurs locaux.
Les carillonneurs des villes et communes ainsi que les passionnés de cet art sont regroupés en deux associations, celle des carillonneurs flamands et l’Association campanaire wallonne. Il est évidemment primordial que cette pratique se perpétue à travers la sensibilisation, la formation et la transmission de ce savoir.
Au lendemain de la reconnaissance, un comité national avait été mis sur pied pour élaborer un plan d’action touchant les secteurs éducatif, culturel et touristique. Un sous-groupe francophone avait été instauré.
Ces institutions existent-elles encore? Quelles ont été les initiatives prises depuis fin 2014 pour pérenniser l’art campanaire? Un inventaire a-t-il été réalisé, comme le souhaitaient à l’époque les membres du comité francophone?
Madame Alda Greoli, Ministre. - Monsieur le Député, Comme vous le savez, le dossier de reconnaissance de la sauvegarde du carillon au registre des meilleures pratiques de sauvegarde de l’UNESCO a abouti en 2014 grâce au soutien des Communautés flamande et française. Il était porté par deux organisations sœurs : la Vlaamse Beiaard-Vereniging et l'Association campanaire wallonne.
La Belgique est pionnière en la matière. Son programme de sauvegarde du carillon est une source d'inspiration pour les communautés du carillon en Europe.
Afin d’assurer le suivi de la reconnaissance de la sauvegarde du carillon par l’UNESCO, un comité intra-belge de sauvegarde du patrimoine du carillon (le « Carillon Heritage Committee ») a été mis en place en octobre 2014. Il est composé de représentants des 2 associations que je viens de citer, des administrations de nos deux communautés, des Commissions UNESCO et de plusieurs experts dans d'autres domaines culturels (patrimoine, muséologie, social médias). Se réunissant 3 à 4 fois par an, il est un lieu de discussions et d’échanges permettant le maintien des meilleures pratiques de sauvegarde de l’art campanaire.
2 .Quelles ont été les initiatives prises depuis fin 2014 pour pérenniser l’art campanaire ?
Les deux objectifs principaux du programme de sauvegarde de la culture du carillon sont la préservation des composantes de la culture historique du carillon (pratiques, répertoire, instruments, musiques, histoire orale et écrite) et l’assurance de la continuité et du développement durable du carillon comme patrimoine vivant qui renforce l'identité culturelle et la cohésion sociale.
La création du comité de suivi permet :
une meilleure collaboration entre les carillonneurs du Nord et du Sud du pays,
d’agir comme intermédiaire entre l'UNESCO et les communautés de carillons des pays limitrophes
d’aborder des questions de préservation, de transmission, d’échange et de sensibilisation de cette culture y sont abordés au niveau local et national.
Deux évènements importants ont déjà été organisés. En septembre 2015 a eu lieu la remise officielle du certificat de reconnaissance UNESCO de la culture du carillon en Belgique. D’autre part, le Carillon Heritage Commitee a également mis en place la journée de sensibilisation du 22 avril 2016 que vous évoquez dans votre question intitulée et à laquelle vous avez assisté.
Notez également que dans le cadre de la reconnaissance du carillon, l’Association campanaire wallonne bénéficie d’un subside « publications » de la FWB.
M. André du Bus. – Madame la Ministre, je vous remercie pour votre réponse. La Belgique est, en matière de carillons, une terre historique et de grandes initiatives. La nécessité de réinventer des concerts modernes mariant cet instrument avec d’autres m’avait frappé lors du colloque organisé au Parlement fédéral. Les jeunes générations lui témoignent d’ailleurs un intérêt soutenu et une meilleure attention lui sera certainement accordée lors des futures programmations musicales.
De plus, la Wallonie peut être fière de son nouveau carillon de Dinant, inauguré voici à peu près un an, lors des commémorations de la Première Guerre mondiale. En effet, le vieux carillon avait été détruit lors du sac de cette ville par les Allemands.
Je continuerai à suivre l’évolution de l’art campanaire wallon et bruxellois. La capitale, qui était une ville de carillons, en comptait jusqu’à vingt-deux au XIXe siècle. Il n’en reste plus que trois à l’heure actuelle: ceux de la cathédrale Sainte-Gudule, du Mont des Arts et du Parlement fédéral. Toutefois, un nouveau carillon fera peut-être son apparition dans le cadre de la reconstruction du campanile de la nouvelle église Sainte-Gertrude, à Etterbeek.
Commentaires
Bravo pour le beau sujet d'interpellation ! Je te signale qu'à l'occasion de son Assemblée Générale,l'Association des anciens parlementaires (Pro Lege ) organise en fin de matinée le 24 mai prochain un concert de carillon (celui du Palais de la Nation).Il paraît que l'artiste qui va faire la prestation ,est remarquable....Je t'y invite volontiers si tu es libre à ce moment-là,Monsieur le Sénateur...Amitiés , Magdeleine