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Le sujet de la liberté de la presse en Turquie faisait l’objet aujourd’hui d’une question d’actualité posée par le Député André du Bus au Ministre-Président en séance plénière du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le lendemain de la journée mondiale de la liberté de la presse.
Le Député André du Bus (cdH) salue la clarté et la fermeté de la position adoptée par le Ministre-Président Rudy Demotte sur la situation inacceptable de la liberté de la presse en Turquie.
Portant les enjeux de la liberté de la presse depuis 4 ans à travers des résolutions et des questions parlementaires, à différents niveaux de pouvoir, André du Bus souligne que c’est la première fois que le Président d’un exécutif répond de façon aussi déterminée à cette question.
André du Bus. - Monsieur le Ministre-Président, hier, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, les déclarations relatives à la liberté de la presse et de l’opinion en Turquie se sont multipliées. J’ai eu l’occasion d’entendre le correspondant de Libération à Istanbul qui s’exprimait sur les ondes de RFI. Celui-ci dénonçait 2 000 procédures judiciaires visant des artistes, des intellectuels, des syndicalistes et surtout des journalistes.
Nous ne pouvons plus garder le silence face à cette situation qui ne fait que s’aggraver. La Turquie et son président multiplient les déclarations les plus discriminatoires à l’égard des journalistes de différents pays européens.
Voici quatre ans, nous votions ici même une résolution qui dénonçait précisément cette situation présente en Macédoine, en Bosnie, en Serbie, mais qui visait particulièrement la Turquie. Je vous ai interpellé en janvier 2015 sur le suivi de cette résolution. Votre réponse a joliment esquivé la situation de la Turquie. Aujourd’hui, nous devons nous exprimer avec force et clarté à l’égard de ce pays et cesser de nous murer derrière ce silence assourdissant. Ce silence est motivé par la peur, la peur des réfugiés et des flux migratoires.
Pouvez-vous affirmer aujourd’hui que la situation de la liberté de la presse en Turquie est inacceptable?
M. Rudy Demotte, Ministre-Président. - Je vous répondrai par l’affirmative. À l’évidence, nous ne pouvons pas accepter ce qui se passe aujourd’hui en Turquie. La ligne rouge est franchie; il n’y a pas de place pour l’ambiguïté et encore moins pour le langage diplomatique ou florentin. Nous avons dans nos valeurs et dans notre besace la défense des libertés fondamentales, l’égalité hommes-femmes et, à ce titre, tous les accords que nous signons contiennent des dispositions exigeant que la liberté d’expression soit respectée.
Nous n’avons pas aujourd’hui le sentiment – c’est un euphémisme – que la Turquie ait une attitude ouverte. Dans les différentes positions qu’elle a pu adopter récemment et dans les décisions qu’elle a prises à l’égard du monde de la presse, elle témoigne plutôt de son côté réfractaire à ces valeurs fondamentales. Nous avons soumis il y a déjà un certain nombre d’années un texte de coopération à la Turquie, qu’elle n’a d’ailleurs jamais ratifié. À chacune de mes rencontres avec les autorités officielles du pays, je leur fais part de ces remarques. Je continuerai à le faire, et ce, avec un sens d’autant plus aigu que cette ligne rouge a non seulement été franchie, mais l’est encore régulièrement. Cela ne nous permet plus de rester ne fût-ce que sur la ligne de touche: nous devons être offensifs et leur communiquer notre exigence de voir les lignes bouger.
M. André du Bus. – Monsieur le Ministre-Président, vos propos sans ambiguïté vous permettront d’avancer dans vos contacts avec vos homologues turcs pour réaffirmer cette volonté indéfectible qui est la nôtre.
Commentaires
cher André, les débats avancent à pas menus ! Bravo à toi de tenir bon! Merci
En réponse à par anne van der Vaeren (non vérifié)
Merci Anne, je suis scandalisé d'apprendre que l'Europe n'a pas intégré, dans ses 75 conditions de l'accord avec Ankara à propos des réfugiés, une clause relative au respect de la liberté de la presse!